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L'opération Reinhard

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2. Les préparatifs

Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee met donc au point la « solution finale de la question juive » : c'est la décision d'exterminer les juifs se trouvant sur l'ensemble des territoires contrôlés par les nazis et c'est le général de brigade SS Odilo Globocnik qui en est chargé pour le Gouvernement Général, c'est-à-dire pour la partie non annexée de la Pologne. Les « massacres fondateurs » des Einsatzgruppen opérés en Union Soviétique, Globocnik va les étendre aux autres territoires, mais avec des méthodes techniques, une logistique et un calendrier plus efficaces : la « Solution finale » devient, une fois le principe acquis, un problème matériel, une question technique, un processus dont l’objectif premier est l’efficacité et la rentabilité.

Le Pogrom, tel qu’il se pratiquait dans les Pays Baltes ou sur le front tenu par les Roumains, est rapidement abandonné. Inefficace, peu propre et « moralement » condamnable… ce n’est pas ainsi, sauvagement, qu’agissent les « surhommes »... D’un autre côté, les fusillades par balle dans la nuque affectent par trop le moral et le mental des tueurs… et l’utilisation des camions à gaz, expérimentés depuis longtemps dans le cadre de T4 et loin d’être efficace face à l’ampleur de la tâche et le nombre énorme de victimes potentielles…

Les préparatifs de l'Opération Reinhard commencent avec la rencontre le 16 mars 1942 de Globocnik et de Herrman Höfle, chargé de la superviser. Globocnik obtient des pouvoirs de police quasi-illimités dans la région de Lublin du Gouvernement Général et Höfle devient responsable de l'organisation et de la main-d'œuvre en qualité de Chef des Opérations de Globocnik.

L’objectif est de trouver des endroits à proximité des voies de chemin de fer mais situés dans des régions isolées, aussi loin que possible des centres de population. Il ne faut en effet pas attirer l’attention. Ces camps doivent de plus être situés non loin de la frontière orientale du Gouvernement Général afin d’accréditer l’idée que les Juifs sont censés être transférés « plus loin à l'Est » pour travailler dans les territoires de l'Union Soviétique occupée. Ainsi sont choisis trois lieux et construits trois camps : Belzec, Sobibor et Treblinka : Belzec au sud, destiné aux juifs de Lvov et de la Galicie orientale, de Cracovie et de la Galicie occidentale ; Sobibor au centre pour les Juifs du district de Lublin et Treblinka au nord pour les Juifs de Varsovie et du district de Radom.

Ces trois camps ne sont pas rattachés au système des camps de concentration. En effet, leur seule mission est l'extermination immédiate des Juifs du Generalgouvernement et, par la suite, des Juifs venant des pays européens occupés par la Wehrmacht. Les massacres débutent en mars 1942 à Belzec, en mai 1942 à Sobibor et en juillet 1942 à Treblinka. D'autres massacres massifs sont effectués en même temps à Chelmno et à Maïdanek.

Cette opération est rapidement nommée « Aktion Reinhard » en hommage à Reinhard Heydrich, chef de l'Office de Sécurité du Reich en charge, de la Solution Finale. Le 31 juillet 1941, Heydrich s'était vu confier la tâche de la préparation et de l'accomplissement de la «Solution Finale de la Question Juive». C'est dans ce cadre qu'il commença de mettre en place l'extermination des Juifs du Gouvernement Général. Il meurt à la suite de l'attentat du 27 mai 1942. C'est après sa mort que l'Opération Reinhard prend son nom.

L’origine de cette dénomination a été contestée notamment par Uwe Dietrich Adam. Il propose comme origine Fritz Reinhardt, secrétaire d'État aux finances, en invoquant l'orthographe « Reinhardt » parfois trouvée pour désigner l'Opération Reinhard (Uwe Dietrich Adam, «Les chambres à gaz», dans L'Allemagne nazie et le génocide juif, Gallimard-Le Seuil, 1985, p. 246 et p. 259, n. 70). Cependant la plupart des spécialistes sont aujourd'hui d'accord pour dire que c'est bien en hommage à Reinhard Heydrich que l'opération a été nommée ainsi. Richard Breitman, réfutant justement Uwe Dietrich Adam, écrit : « La logique derrière cette dénomination est claire ; Heydrich avait conçu le plan original de concentration des Juifs dans les marches orientales du Gouvernement Général et c'est avec ses subordonnés qu'il avait mis au point le plan d'élimination des Juifs du continent. Brandt, après tout, a écrit dans son agenda qu'Himmler était d'accord avec le plan d'Heydrich. Himmler lui-même écrivait parfois incorrectement le prénom de Heydrich. » (Voir Richard Breitman et Shlomo Aronson, « Gaps in the Himmler Papers », dans Georges O. Kent, ed. Archives, Archivists and Historians: Essays in Modern German History and Archival PolicyFairfax, Va., 1991.»

Il faut préciser que dans son article, Uwe Dietrich Adam ne conteste que l'origine du nom de l'Opération Reinhard, et non la nature de cette opération, l'extermination des Juifs du Gouvernement Général. Des négationnistes ont prétendu s'appuyer sur Uwe Dietrich Adam pour prétendre que l'Opération Reinhard ne désignait qu'« une opération de confiscation de biens appartenant à des Polonais juifs ou non juifs ». Il s'agit d'une vulgaire falsification.

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