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Mathis Neithart Gothart « Grünewald »

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7. Le retable d’Issenheim

Généralités
Le polyptyque fermé
Polyptyque ouvert
Polyptyque ouvert II
Conclusion

7.1. Généralités

Mathias Grünewald. Détail du Retable d’Issenheim : saint Sébastien
Mathias Grünewald. Détail du Retable d’Issenheim : saint Sébastien
Chef d’oeuvre de la peinture mondiale, Le retable d’Issenheim achève une longue série de polyptiques inaugurés par une autre œuvre célèbre, celle des frères van Eyck à Saint Bavon de Gand (L’Agneau Mystique) et parmi lesquels compte aussi le fameux retable de Michael Pacher à Sankt Wolfgang. Il appartient à la fois au gothique finissant et à l’aube des temps modernes, incarnée par le courant de la renaissance : c’est donc une œuvre absolument unique, un témoignage exceptionnel de cette époque de troubles marquée par de profonds bouleversements religieux (Réforme), sociaux (guerre des paysans), économiques (fin de l’âge d’or) et politiques (rivalités entre princes et empereurs)… Le retable d’Issenheim est l’oeuvre maîtresse du peintre, exécutée entre 1512 et 1516, pour l'Église conventuelle des Antonins d'Issenheim.

Mathias Grünewald. Détail du Retable d’Issenheim : la Nativité et le concert des Anges. Vers 1510. Colmar, Musée Unterlinden
Mathias Grünewald. Détail du Retable d’Issenheim : la Nativité et le concert des Anges. Vers 1510. Colmar, Musée Unterlinden
Les Antonins sont fondés en 1095 par Gaston du Dauphinois. L'ordre des Antonites se donne pour tâche de soigner les maladies contagieuses qui ravagent périodiquement l'Occident : la peste, le « mal des ardents » ou « feu Saint-Antoine » (épilepsie) et, à partir du XVe, la syphilis. L'iconographie du retable s'inspire en partie des activités des moines d'Issenheim comme la médecine ou l’agriculture (élevage des porcs).

Mathias Grünewald. Détail de la crucifixion du Retable d’Issenheim : Saint Jean soutenant la Vierge et Sainte Madeleine
Mathias Grünewald. Détail de la crucifixion du Retable d’Issenheim : Saint Jean soutenant la Vierge et Sainte Madeleine
La commande du tabernacle, en 1475, est due à Jean d'Orliac, un savoyard, précepteur à Ferrare puis à Issenheim (1460 - 1490) et l’artiste prévu pour leur exécution est Martin Schongauer. Mais les volets peints seront exécutés sous le préceptorat du sicilien Guido Guersi (1490 - 1516), successeur de d’Orliac, et confié à maître Mathis, Schongauer étant décédé en 1491. Guersi, fait appel entre 1510 et 1512 à cet artiste qui avait été l'élève du maître colmarien et qui, entre temps, tout en restant peintre attitré des archevêques électeurs de Mayence, avait quitté leur résidence d'Aschaffenburg pour la petite ville de Seligenstadt. Le maître Mathis « d'Aschaffenburg », âgé alors d’environ 55 ans et en plein maturité, va réaliser son chef d’œuvre. Il travaille sur une structure retable dont le centre, sculpté, peint et doré, est sans doute l'oeuvre de Nicolas Hagnover (Nicolas de Haguenau), alors que les sculptures secondaires de la prédelle (bustes du Christ et des douze apôtres) sont l'œuvre d'un nommé Sébastien Beychel.

La partie centrale du retable d’Issenheim de Maître Mathis : la crucifixion, et sur la prédelle, la mise au tombeau
La partie centrale du retable d’Issenheim de Maître Mathis : la crucifixion, et sur la prédelle, la mise au tombeau
Si l'encadrement architectural gothique fut détruit lors de la Révolution, la partie peinte est complète et comporte quatre volets mobiles peints sur les deux faces, deux volets fixes et une prédelle à deux compartiments mobiles peints sur une face. Le retable est fait de panneaux de bois de tilleul.

  • Fermé, il présente la « Crucifixion », « Saint Sébastien », « Saint Antoine » et la « Mise au Tombeau » sur la prédelle.
  • L'ouverture des premiers volets montre l'« Annonciation », l'« Incarnation » et la « Résurrection ».
  • L'ouverture des seconds volets présente la « Visite de Saint Antoine à Paul l'ermite » à gauche et la « tentation de Saint Antoine à droite ». Au centre, les statues des saints Antoine, Augustin et Jérôme, exécutées par Nicolas Hagnover de Strasbourg.

Jusqu'en 1793 le retable reste à Issenheim malgré les offres d'achat faites par Rodolphe II en 1597 et Maximilien de Bavière en 1650. En ces temps-là, il est attribué à Dürer. En 1793 il est transféré au collège des jésuites de Colmar et en partie détruit dans son encadrement gothique. En 1852 il est déplacé dans l'église de l'ancien couvent des Dominicains de Colmar ; En 1917 il est envoyé à Munich pour réfection et rejoint ensuite Colmar.

Le retable est une des merveilles de la peinture mondiale… il est contemporain des gravures de Dürer, de la « Chambre de la Signature » de Raphaël (Vatican) et de la « Chapelle Sixtine » de Michel Ange...

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