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Mathis Neithart Gothart « Grünewald »

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3. Œuvres principales

Prédelle d’un retable

Vers 1500-1502 (Collection particulière en Angleterre) : elle montre la Cène (49 x 86cm) au recto, et au verso Sainte Dorothée et sainte Agnès. C’est l’œuvre la plus ancienne connue de Mathis.

Le triptyque de Lindenhardt. Les 40 saints (détail) 1503. Huile sur bois. Eglise de Lindenhardt
Le triptyque de Lindenhardt. Les 40 saints (détail) 1503. Huile sur bois. Eglise de Lindenhardt
Le triptyque de Lindenhardt près de Bayreuth

Il est réalisé vers1503. Les sculptures sont de Rückert de Seligenstadt ; Le triptyque présente à gauche huit saints auxiliateurs et à droite six saints auxiliateurs, alors qu’au centre est représenté l'homme des douleurs.

Crucifixion. Vers 1501. Huile sur bois, 73 x 52,5 cm. Bâle, Öffentliche Kunstsammlung
Crucifixion. Vers 1501. Huile sur bois, 73 x 52,5 cm. Bâle, Öffentliche Kunstsammlung
La crucifixion de Bâle

Cette crucifixion est réalisée entre 1500 et 1508. (Bois peint de 73x 55,5cm. Öffentliche Kunstsammlung de Bâle) Elle représente le Christ, les trois Marie, Saint Jean et le Centurion Longin. C'est un des thèmes favoris de Grünewald qu’il reprend dans quatre œuvres postérieures.

Caractéristiques du style de maître Mathis sont les mains, le réalisme du Christ exsangue et criblé d'innombrables petites blessures, les pieds disloqués et verdâtres percés d'un clou unique, le droit étant posé sur le gauche. Mais il n'y a pas encore ici l'expression de la cruauté typique à Grünewald (couronne d'épine très petite).

La dérision du Christ

Vers 1504-1505. (Panneau de 109 x 73,5cm. Alte Pinacothek de Munich. Il existe plusieurs copies de cette œuvre (Hanau, Aschaffenburg, Sibiu-Hermannstadt). Il y a une similitude évidente avec la « Montée au Calvaire » (détail de la « Grande Passion ») d'Albrecht Dürer et les suites de la « Passion Grise » d’Holbein l'Ancien (Donaueschingen). En dehors de Dürer, ce sujet reste rare dans la peinture allemande.

Crucifixion. Vers 1502. Huile sur bois, 61,5 x 46 cm. Washington, National Gallery of Art
Crucifixion. Vers 1502. Huile sur bois, 61,5 x 46 cm. Washington, National Gallery of Art
La « petite crucifixion » de Washington

Elle est réalisée entre 1502 et 1520. (Panneau de 61,6 x 46cm. Washington, National Gallery). Il en existe une dizaine de copies (Munich, Hohenschau, Donaueschingen). On trouve ici un accroissement de la dramatisation (Vêtements déchirés, motif du corps tendu comme une flèche sur l'arc). Marie, Madeleine et Jean entourent le Christ.

Le retable d’Issenheim dans l’église des Dominicaines d’Unterlinden
Le retable d’Issenheim dans l’église des Dominicaines d’Unterlinden
Le retable d’Issenheim

1512 - 1516. Colmar, Musée Unterlinden

Le retable de Heller. Sainte Elisabeth et saint Lucie (?). 1509-1511. Grisaille sur chêne, 98 x 43cm. Donaueschingen Gemaldegalerie
Le retable de Heller. Sainte Elisabeth et saint Lucie (?). 1509-1511. Grisaille sur chêne, 98 x 43cm. Donaueschingen Gemaldegalerie
Peintures monochromes du retable Heller

Le retable Heller est une réalisation de Dürer (tableau central perdu) et de ses élèves (deux volets). Grünewald exécute les camaïeux peints sur les ailes latérales, autour de 1509-1510. Mais il semble douteux que Dürer ait rencontré Grünewald.
Les camaïeux représentent d’un part Saint Laurent (99,1x43,2cm) et Saint Cyriaque (98,8 x 42,8cm) qui e trouvent au Frankfurter Städlicher Kunstinstitut, et d’autre part Sainte Elisabeth et sainte Lucie (?) de la Staadkunsthalle de Karlsruhe.

La transfiguration

Réalisée vers 1511, l'oeuvre est citée par Sandrart, mais elle est perdue.

Triptyque d’Aschaffenburg. Fondation de sainte Marie Majeure à Rome ; miracle des neiges. Détail : le pape Libère. 1517-1519. Huile sur bois. Fribourg en Breisgau, Städtische Museen
Triptyque d’Aschaffenburg. Fondation de sainte Marie Majeure à Rome ; miracle des neiges. Détail : le pape Libère. 1517-1519. Huile sur bois. Fribourg en Breisgau, Städtische Museen
Le triptyque d'Aschaffenburg

Dédié à Notre Dame des Neiges, dans la chapelle du même nom de la collégiale d'Aschaffenburg édifiée par les frères chanoines Georg et Caspard Schantz (vers 1516), le triptyque commémore la fondation de sainte Marie Majeure à Rome : selon une légende, le pape Libère aurait rêvé le 4 août 352 que la vierge faisait tomber sur l'Esquilin de la neige pour indiquer l'endroit où il faudrait élever la basilique.
Le triptyque fut commencé entre 1517 et 1519 ; il fut commandé à Mathis par le chanoine Reitzmann, curé de la collégiale et « champion » de la Vierge des Neiges en Allemagne.

Il ne reste à Aschaffenburg que l'encadrement de la partie centrale Un des trois panneaux se trouve au musée de Fribourg (Miracle des Neiges et au dos une partie de l'Adoration des Mages). Le volet perdu représente au dos la seconde partie de l'Adoration. Pour sa face les hypothèses divergent : vierge trônant, vierge de miséricorde, vierge et enfant sur les nuages...

Triptyque d’Aschaffenbourg. Fondation de sainte Marie Majeure à Rome ; miracle des neiges. Détail. 1517-1519. Huile sur bois. Fribourg en Breisgau, Städtische Museen
Triptyque d’Aschaffenbourg. Fondation de sainte Marie Majeure à Rome ; miracle des neiges. Détail. 1517-1519. Huile sur bois. Fribourg en Breisgau, Städtische Museen
  • Le miracle des Neiges (178 x91,5cm). 1517-1519
    Musée de Fribourg. C'est la composition la plus chargée du Maître.
    • Au fond, le rêve du pape Libère et l'apparition de la Vierge à Giovanni et sa femme, patriciens romains.
    • Au premier plan, le pape creuse les fondations.
    Il faut remarquer l'aspect fantaisiste de l'architecture du Latran ; Giovanni pourrait être un autoportrait de Grünewald.
  • L'Adoration des Mages (au revers)
    Cette oeuvre est sans doute due à un élève de Mathis.
La madone de Stuppach. 1517-1519. Huile sur toile, montée sur bois. 186 x 150 cm. Stuppach, église paroissiale
La madone de Stuppach. 1517-1519. Huile sur toile, montée sur bois. 186 x 150 cm. Stuppach, église paroissiale
La vierge de Stuppach : (186 x150cm). 1517-1520

Le tableau se trouve dans l'Eglise de Stuppach en Wurtemberg. Il est composé de 7 planchettes jointes de toile, et fut l'objet de nombreuses retouches postérieures (Visages et ciel). A cause de la richesse du coloris, il fut longtemps attribué à Rubens.
La majorité des critiques refusent la théorie classique de l'appartenance du tableau au triptyque d'Aschaffenburg. C'est une oeuvre autonome peinte pour l'église de Tauberbischoffsheim ou pour la chapelle de la vierge de l'Eglise d'Aschaffenburg.
Le thème de la vierge dans un paysage est fréquent en Allemagne (Dürer) : Jardin florissant et ensoleillé avec vase, fleurs, olivier; rucher à cinq ruches, avec fond citadin à gauche et église gothique à droite (façade du transept sud de la cathédrale de Strasbourg?).

La vierge est somptueusement vêtue de brocards or et carmin, de fourrure, cheveux dénoués sur le dos. Au ciel, l'arc en ciel auréole la vierge. L'Eternel trône avec les anges dont deux apportent la couronne à Marie.
On a beaucoup écrit sur le symbolisme des objets et fleurs entourant la vierge, en s'inspirant des « Révélations de sainte Brigitte » : le rocher signifierait l'Eglise, les abeilles les fidèles, la fleur la vierge, olivier et figuiers sont des symboles mariaux. Mais on peut aussi y voir simplement le cadre naturel d'une douce vierge allemande, familière et maternelle.

Saint Erasme et saint Maurice. 1517-1523. Huile sur bois, 226 x 176 cm. Munich, Alte Pinakothek
Saint Erasme et saint Maurice. 1517-1523. Huile sur bois, 226 x 176 cm. Munich, Alte Pinakothek
Saint Erasme et saint Maurice (226 x176cm) : 1517-1523

Le tableau fut commandé par Albrecht de Brandebourg, archevêque de Mayence, pour l'Eglise capitulaire de Halle sur Saale. Depuis 1836 il se trouve à l'Alte Pinakothek de Munich. Le donateur est représenté sous les traits de Saint Erasme, hommage à Erasme de Rotterdam admiré par Albrecht de Brandebourg.

Saint Erasme et saint Maurice. 1517-1523. Huile sur bois, 226 x 176 cm. Munich, Alte Pinakothek
Saint Erasme et saint Maurice. 1517-1523. Huile sur bois, 226 x 176 cm. Munich, Alte Pinakothek
Les deux saints ont vécu sous Dioclétien, mais n'ont aucun rapport : Érasme fut martyrisé en Syrie en 303 (Il eut les entrailles arrachées et entourées autour d'un treuil). Maurice, chef de la légion Thébaine, fut martyrisé en 302 dans le Valais. Représenté sous les traits d'un maure, il est le patron de la cathédrale de Magdebourg et de la ville de Halle. Il semble discuter avec l'impassible Erasme qu'accompagne un chanoine, et est suivi d'un archer et d'une troupe suggérée par des lances, pieds, demi-têtes.

Saint Erasme et saint Maurice. 1517-1523. Huile sur bois, 226 x 176 cm. Munich, Alte Pinakothek
Saint Erasme et saint Maurice. 1517-1523. Huile sur bois, 226 x 176 cm. Munich, Alte Pinakothek
Le rapport spatial volontairement forcé entre les deux personnages principaux permet d'établir un parallèle entre Grünewald et le maniérisme. Il y a un effet exceptionnel du coloris somptueux, de l'opulence des ors et bijoux, du contraste entre la cuirasse et l'éclat des parements épiscopaux. Les nimbes d'or resplendissant constituent un cas unique chez maître Mathis.

Le chanoine pourrait être soit Johannes Pals ( 1519) ou Johannes Ryder ( 1523) ou le doyen Lorenz Truchsess (1473-1543). L'homme barbu que cache à demi l'épaule de Maurice (D'après Lanckoronska) ou le vieux chanoine (d'après Henze) pourrait être un autoportrait du mettre. Hoffmann voit Martin Luther dans le saint Maurice.
La datation est controversée : 1517 pour Wind (Jeunesse du Cardinal Albrecht sur le tableau); Schmid et Feuerstein proposent 1523, date de la consécration des nouveaux autels de l'Eglise de Halle.

Dans ce panneau, Grünewald approche de la monumentalité caractéristique des quatre apôtres de Dürer.

Les peintures pour la cathédrale de Mayence

Sandrart cite trois retables du Grünewald qui se seraient trouvés dans trois chapelles de la cathédrale de Mayence:

  • La Vierge et l'enfant en gloire avec des saintes (Catherine, Ursule, Elizabeth, Cécile, Barbe, Apollonie).
  • Un ermite aveugle guidé par un enfant marchant sur le Rhin gelé, attaqué et tué par deux assassins. Ce serait saint Alban.
  • Un retable au sujet inconnu.

On possède quelques dessins préparatoires des deux premiers retables. Ces tableaux, semble t-il, furent volés en 1631 ou 1632 et envoyés en Suède ; ils disparurent en mer, à moins qu'ils n’aient fini dans les collections de Pieter Spering, conseiller de Gustave Adolphe et aient disparu par la suite. Ils dateraient des environs de 1520.

Le Christ mort. Avant 1523. Huile sur panneau de pin, 36 x 136 cm. Aschaffenbourg, collégiale
Le Christ mort. Avant 1523. Huile sur panneau de pin, 36 x 136 cm. Aschaffenbourg, collégiale
Le Christ mort (36 x 136cm) : 1523-1524

Il se trouve dans la collégiale d'Aschaffenburg. C'est vraisemblablement une prédelle d'un retable disparu. Nous n'en possédons aucune documentation.
Ce serait une oeuvre de style "de cour" comme l'attestent les deux blasons, l'un d'Albrecht de Brandebourg (à gauche), l'autre de Dietrich von Erbach, archevêque de Mayence de 1434 à 1459 (à droite)

Le Christ herculéen, moins marqué par les tortures, repose dans la torpeur de la mort. La couronne d'épines qu'il porte encore a des proportions moins terrifiantes. Il n'y a pas de périzonium déchiqueté, mais un linge blanc qui enveloppe les flancs. De la figure se dégagent sérénité et noblesse, en harmonie avec les fines et jeunes mains de la Vierge (seules visibles avec le manteau), contrastant avec les mains crispées et implorantes des autres oeuvres du maître.

Le Christ mort. Détail. Avant 1523. Huile sur panneau de pin, 36 x 136 cm. Aschaffenbourg, collégiale
Le Christ mort. Détail. Avant 1523. Huile sur panneau de pin, 36 x 136 cm. Aschaffenbourg, collégiale
A coté du manteau bleu de la Vierge, le pied.de la croix et de l'échelle grossière, et en fond, le sépulcre. A droite et gauche deux profils, l'un féminin (Marie Madeleine?), l'autre masculin.

L'examen radiographique révèle une première version, avec un Christ allongé tout du long sur fond de ciel et de rochers.

Autographes seraient la figure du Christ, les mains de la vierge, la figure de droite et le blason d'Albrecht ; le reste serait du à dés élèves. La chronologie oscille entre 1523 et 1525.

Retable de Tauberbischoffsheim. Crucifixion. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
Retable de Tauberbischoffsheim. Crucifixion. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
Le retable de Tauberbischoffsheim

Il se trouve à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe. C'est un panneau peint sur ses deux faces : crucifixion et portement de croix. Nous n'en possédons aucune documentation.

Il fut peut-être commandé par Friedrich Virenhorn, curé de Tauberbischoffsheim pour la chapelle sainte croix de l'église. Le panneau était suspendu à la poutre de gloire ou fixé sur charnière. Il est trop grand pour faire partie d'un retable.

Retable de Tauberbischoffsheim. Le portement de la croix. Détail. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
Retable de Tauberbischoffsheim. Le portement de la croix. Détail. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
Attribué à Dürer, il fut reconnu comme oeuvre de Grünewald en 1874. Acheté par un orfèvre puis par un américain, Edward Habich en 1882, il est restauré et exposé à Kassel en 1883. En 1892 il revient, séparé en deux panneaux, à Tauberbischoffsheim, où il est abîmé. En 1899 les panneaux sont achetés pour le musée de Karlsruhe.

La chronologie est presque unanimement fixée entre 1523 et 1524.

  • La crucifixion (195,5 x 152,5cm)
    Retable de Tauberbischoffsheim. Crucifixion. Détail. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
    Retable de Tauberbischoffsheim. Crucifixion. Détail. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
    Version essentielle, réduite à trois personnages, du sujet favori du maître. La composition est extraordinairement simple : trois figures monumentales, immanence gigantesque du Christ criblé de blessures et défiguré par les affres de l'agonie, hallucinant buisson d'épines, pieds verdâtres et sanguinolents, périzonium déchiqueté, fond de montagne sous ciel bleu nuit strié de noir.
    Le pathos tragique s'exprime dans la figure de Saint Jean éploré s'opposant à la rigidité de la Vierge pétrifiée de douleur dans ses amples voiles.
    Malgré ce réalisme brutal, Grünewald se révèle le "Plus féroce des idéalistes" : l'insistance sur le motif du perizonium déchiqueté signifie sans doute l'adhésion du peintre au monde des humbles, sa sympathie pour les paysans révoltés.
  • Le portement de la croix
    Retable de Tauberbischoffsheim. Le portement de la croix. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
    Retable de Tauberbischoffsheim. Le portement de la croix. 1523-1524. Huile sur bois, 193 x 152,5 cm. Karlsruhe, Kunsthalle
    C'est une des rares compositions de mouvement de l'artiste. Fond d'architecture pris entre deux arcs de style Renaissance italienne. Le Christ exténué s'effondre sous une croix grossière, entouré de quatre bourreaux bariolés et vêtus d'époque. Le Christ est seul au milieu de ses bourreaux, sans aucune présence amie... L'inscription (Isaïe LIII 4) est la seule rédigée en Allemand dans l'oeuvre de l'artiste, ce qui fait penser à la Réforme. Nous sommes ici dans une atmosphère de terreur Biblique.
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