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La déportation en Bulgarie

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3. Le « commissariat aux questions juives »

Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee estime à 48.000 le nombre de Juifs bulgares à éliminer. En fait, d’après des données officielles, 63.400 juifs habitent en Bulgarie : 51.500 dans la « vieille Bulgarie », 500 dans la Dobroudja du sud, 4.000 en Thrace Bulgare, 7.200 en Macédoine et 200 à Pirot (ville de Serbie centrale, à mi chemin entre Sofia et Nis)

En juin 1942 les Allemands pensent qu'un mouvement s'amorce : Sofia manque de logement et les Allemands suggèrent que le déplacement des Juifs arrangerait l'affaire... Gabrovski demande au gouvernement l'autorisation d'expulser les juifs de la capitale... Cela n'alla pas plus loin. Le 6 juillet 1942, Beckerle fait part à Berlin que le gouvernement Bulgare est prêt à ce que les Juifs bulgares (quelques centaines) habitant le Reich allemand soient déportés « vers l’est ». La Bulgarie est prête à dresser une liste de ces Juifs, tout en prenant en compte de nombreuses exceptions. De plus, elle soumet son accord à des accords semblables entre le Reich et la Roumanie et la Hongrie. On n’avance pas…

Alors Hitler en personne monte au créneau : il demande au gouvernement bulgare de régler le problème de la « question juive ». Celui-ci crée le 26 août 1942, un « commissariat aux affaires juives » (KEV) sous la direction d’Alexandre Belev, chargé dans un premier temps d’appliquer les restrictions : couvre-feu obligatoire, assignation à résidence, rations alimentaires réduites, port de l'étoile jaune… Dans un deuxième temps, il sera chargé de préparer la déportation des juifs. Mais dans ce pays, comme en Italie, il existe toujours un grand décalage entre les lois et les pratiques. Même la petite étoile jaune imposée le 26 août n’est pas vérifiée avec insistance.

Par contre, l’« Aryanisation économique » se met en place : Sur 4.272 entreprises, 761 peuvent poursuivre leur activité ; les autres sont vendues d'office ou soumises à l'aryanisation obligatoire. Les avoirs venant de ces ventes sont confisqués par le gouvernement. De même s’amorce une espèce de « concentration » : le jour de sa création en effet le KEV ordonne que les Juifs de Sofia, à commencer par ceux qui ne travaillent pas, quittent la ville pour s’installer dans les villes des campagnes ou même hors de Bulgarie… Le décret est avalisé par le Perlement en septembre ; rapidement, les Juifs de Sofia sont tenus de s’installer dans des lieux d’habitations désignés par le KEV, constituant ainsi des ghettos hors de Sofia. Cependant, jusqu’à fin mars 1943, seules 680 familles (1.904 personnes) auront ainsi quitté la capitale…

Le 11 septembre 1942 le sous secrétaire d’état au ministère des affaires étrangères Luther note que la « Politique juive » fait de « remarquables progrès » en Bulgarie : avec le capital bloqué des Juifs serait constitué un fonds pour accélérer la concentration des Juifs. Il est convaincu que le gouvernement bulgare est prêt à accepter de remettre la gestion de la « question Juive » aux mains du RSHA… Il demande donc à à Weizsäcker et Ribentropp l'autorisation de poser aux Bulgares la question de la « réinstallation » des Juifs Bulgares. Ribentropp met 15 jours à se décider. La réponse n’arrive que le 9 octobre, beaucoup trot tard, car la « fièvre antisémite » déclanchée par Belev est retombée…

Le 9 octobre donc, Luther il donne des instruction à Berckerle : il doit « suggérer » à Sofia d’« évacuer » les Juifs bulgares avec l'aide allemande, et exiger pour ce 250DM par Juif déporté (et « prélevé » sur les Juifs), ce point financier pouvant par ailleurs être négocié afin de ne pas donner de prétexte à un refus du gouvernement bulgare. Le gouvernement bulgare répond le 1 novembre : il remercie vivenment l’Allemagne de sa proposition, mais élude la question principale et affirme qu’il a encore grand besoin des Juifs pour la construction de routes et de voies ferrées… De plus il demande de coupler la déportation des Juifs de Bulgarie avec celle des Juifs de Roumanie… Enfin, il estime que, le prix de 250DM est bien trop élevé, car le gouvernement à besoin de l’argent des Juifs pour soutenir son économie…

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