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La Grèce avant la Grèce : préhistoire, Crète, Cyclades, Mycènes

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5. Mycènes et les achéens

Chronologie et histoire des fouilles
Les Achéens
L’organisation des royaumes mycéniens
Société et économie
Religion et pratiques funéraires
Les cités mycéniennes
L’art mycénien

5.2. Les Achéens

5.2.1. Les débuts et l’expansion

Dans la dernière phase de l’âge du Bronze (v. 1600-1200 av. J.-C.), les Achéens donnent naissance à la civilisation mycénienne, qui doit son nom à la cité - royaume de Mycènes, où de nombreux vestiges archéologiques ont été mis à jour, particulièrement par l’Allemand Heinrich Schliemann au XIXe siècle.

Les Achéens sont l'un des premiers peuples indo-européens à envahir la Grèce avec les Eoliens et les Ioniens, à la fin du IIè millénaire (Helladique Moyen I et II), d’où ils chassent les premiers habitants, les Pélasges, un amalgame de divers peuplades résultant de vagues successives de migrants d'origines très diverses. Les Achéens possèdent en effet une incontestable suprématie militaire puisqu’ils connaissent l’usage du bronze, emploient l’épée au lieu du poignard et amènent avec eux le cheval.

Progressivement, les Achéens s’installent dans le Péloponnèse, en Béotie et en Attique. Les traits culturels de leur civilisation (dite « mycénienne », du nom de la ville - forteresse de Mycènes qu’ils créent) s’affirment peu à peu (céramique polie gris-métallique dite « mynienne »). A cette période, l’influence crétoise sur le continent est déterminante, mais sans prépondérance politique : Helladique Moyen III et Helladique récent I, 1550-1500 (tombes à fosses), Helladique récent II, 1500-1425, (Tholoi - trésors du Mycénien moyen)

Le pas décisif est franchi au Helladique Récent III A1 (1425-1380) : on assiste alors à l’effondrement encore assez mystérieux de la culture minoenne et la fin de l’influence crétoise : sur le continent, les sites Achéens se multiplient, comme Mycènes, Tyrinthe, Pilos, Orchomène… Puis la Crête est envahie : les palais minoens de Cnossos, Phaistos, Malia et Zakros sont détruits. Seul le palais de Cnossos est réoccupé et transformé en un site mycénien.

L’Helladique Récent III (1425-1100) marque l’apogée de la « civilisation mycénienne) : après la Crête, de nombreuses îles de la mer Egée (Cyclades, Rhodes) passent sous contrôle achéen. Puis c’est au tour de la côte d’Asie Mineure. Bientôt l’influence des Achéens touche tout le pourtour de la Méditerranée : on a retrouvé des objets mycéniens dans tout le bassin méditerranéen, en Europe Centrale, à Chypre (forteresse d’Enkomi), au Moyen Orient (Syrie, Palestine) et même jusqu’en Grande Bretagne. Ainsi les Achéens, après avoir assimilé la civilisation créto-cycladique, bien supérieure à la leur, supplantent pendant quatre siècles la domination crétoise en Méditerranée. L’Argolide est alors le centre de leur culture et le Helladique Récent III B1 (1300–1250) marque l’apogée de leur puissance.

5.2.2. La fin de la civilisation mycénienne

Lorsque les Achéens s’emparent de Troie (sans doute entre 1280 et 1180), ils atteignent le maximum de leur expansion. Mais cette période marque aussi le début de l’effondrement de leur civilisation. En fait, l’expédition vers Troie, dont on ne doute plus aujourd’hui, est déjà symptomatique de l’appauvrissement de la culture achéenne : les richesses de Troie, énorme centre de commerce et gardienne de la route du fer, attire une coalition d’Achéens qui assiègent le ville, défendue elle-même par une coalition de peuples d’Asie : les Achéens l’emportent finalement, mais cette victoire est symbolique de leur affaiblissement : affaiblis à l’intérieur par d’incessantes rivalités claniques, ils sont menacés par les premières infiltrations doriennes et ruinés par l’arrêt du commerce avec les Hittites et l’Egypte et par leurs expéditions de plus en plus lointaines…

L’archéologie révèle que la fin de l’Helladique récent IIIB (1250-1225 ?) est marqué par des destructions, notamment à Mycènes alors qu’en même temps on remarque une augmentation des systèmes de défense des sites mycéniens, signe d'insécurité. La fin de la période l’Helladique récent III B2 (1250-1200) est marquée par de nombreuses destructions sur une grande partie des sites mycéniens de Grèce continentale. Entre 1200 et 1100, à l’Helladique récent IIIC, 9 sites sur 10 disparaissent en Béotie et deux sur trois en Argolide. Seules sont préservés les sites de Mycènes et de Tyrinthe, même s’ils sont déjà partiellement « contaminés » (apparition d’une nouvelle céramique dite « barbare » et augmentation de la pratique de la crémation.) La civilisation mycénienne disparaît définitivement après 1100, quand les sites de Mycènes et de Tirynthe sont détruits à nouveau et perdent toute leur importance.

Les causes de cette disparition font encore l’objet de nombreuses hypothèses, dont deux émergent nettement : la première est celle de longs et meurtriers conflits internes. La seconde est celle de la destruction par des envahisseurs. Que la civilisation achéenne ait été secouée de guerres intestines ne fait aucun doute, la société étant organisées en cités plus ou moins jalouses de leur indépendance et se disputant l’hégémonie sur le monde achéen. Ces querelles ont sans aucun doute affaibli le monde mycénien et contribué à leur effondrement sous le coup d’envahisseurs, dont l’arrivée est attestée dans tout le bassin méditerranéen.

Mais qui sont ces envahisseurs ? Traditionnellement, on invoque les Doriens. Mais ceux-ci sont déjà présents en Grèce depuis les XIIIè siècle où ils « cohabitent » dans certains lieux avec les Achéens. Par ailleurs, l’archéologie prouve que la ruine de la culture mycénienne est due à une invasion dévastatrice qui, au tournant du XIIIè ravage la Grèce de la Thessalie au sud du Péloponnèse, et dépeuple la Laconie et la Messénie. Mais dans les provinces moins touchées, la civilisation se poursuit selon la tradition mycénienne : les envahisseurs ne font visiblement que traverser le pays sans s’y installer définitivement. Il s’agit sans aucun doute des ces fameux « Peuples de la mer » à l’origine de ces mouvements de peuples se produisant depuis les Balkans jusqu'au Proche Orient à cette période, mentionnés dans les inscriptions égyptiennes…

En revanche, dès le premier quart du XIè siècle, apparaît un nouveau peuple sur les ruines de la culture mycénienne détruite par les « Peuples de la mer » : ce sont les Doriens, comme l’attestent le style nouveau de la céramique, les nouvelles coutumes funéraires et la diffusion des armes et outils en fer : ainsi, l’arrivée de ces nouveaux peuples « doriens » est pacifique et n’a pas la forme conquérante que lui prête la légende du « retour des Héraclides » chassant les Atrides.

Quelles qu'en soient les causes, cette fin, à dater des dernières années du XIIè, se produit après un lent déclin de la civilisation mycénienne, qui a mis de nombreuses années avant de s'éteindre. Plusieurs innovations comme la fabrication de céramiques à décors géométriques, l’utilisation du fer en remplacement du bronze ou encore la pratique de l’incinération, plutôt que celle de l’inhumation, apparaissent. Ces innovations ont été longtemps attribuées aux Doriens puisqu’elles sont concomitantes à leur arrivée ; il n’y a cependant aucune preuve que les deux événements soient liés. Cette époque est également marquée par d’importants mouvements migratoires : ainsi, des Grecs, vraisemblablement poussés par les invasions, émigrent pour s’établir dans les îles de la mer Égée et le long des côtes asiatiques. La Béotie, la Thessalie, l’Asie Mineure et l’île de Lesbos sont occupées par les Éoliens ; les Doriens se concentrent dans l’isthme de Corinthe, dans le Péloponnèse, en Crète et à Rhodes ; enfin, les Ioniens s’installent en Attique, en Eubée et dans les Cyclades. Ainsi s’ouvre un contexte nouveau, celui des « siècles obscurs » de l’histoire grecque.



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