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La Grèce avant la Grèce : préhistoire, Crète, Cyclades, Mycènes

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3. La Crète et la civilisation minoenne

Introduction
Histoire
La religion minoenne
L’art minoen

3.2. Histoire

3.2.1. Le néolithique et le « pré-palatial » : 3200-2200

L'homme apparaît en Crète au paléolithique et s’installe sans doute en deux grandes vagues de colonisation, l'une au VIIe millénaire, la seconde vers 4500 av. J.-C. L'origine des premiers habitants reste imprécise (Il est possible qu’ils soient venus d’Anatolie). Ils habitent des grottes ou des maisons rudimentaires construites en briques crues sur des socles de pierre. On retrouve les traces d’un culte d'une déesse mère dispensatrice de la fertilité et de la fécondité, ainsi que de tombes collectives circulaires (tholoï).

Cette civilisation préhistorique entre dans une période de progrès décisifs au cours du IIIe millénaire, autour de 2600 ans avant JC (Minoen ancien I, Minoen ancien II, Minoen ancien III et Minoen moyen Ia), au début de l'âge du cuivre puis se développe encore jusque vers 2.000 avec l’introduction de nouvelles techniques métallurgiques liées à l’apparition du bronze ; céramique, métallurgie et orfèvrerie évoluent et les échanges s’amplifient. L’écriture apparaît sous forme hiéroglyphique. C’est la période dite « pré-palatiale », avec ses grands sites de Palaikastro, Mochlos (cimetière, vases de pierre aux veines polychromes, « trésor »), Vasiliki, de la plaine de Messara (tombes à coupoles), d'Aghios Onoufrios (céramiques) du golfe de Mirabello (céramique polie, flammée, peinte)... )

3.2.2. L’époque « Paléopalatiale » ou « Protopalatiale » : 2000-1700

Vers la fin du IIIe millénaire, au début de l'époque dite du « minoen moyen Ib », tandis que disparaissent les sociétés cycladiques, apparaît en Crête une brillante civilisation. La population est à ce moment déjà bien structurée, l'existence d'une aristocratie locale est révélée par l'existence de tholoi à côté de sépultures dans des jarres ou des cercueils en terre cuite. La Crète bénéficie sur les îles voisines d'avantages qui expliquent ses progrès : elle est la mieux placée pour recevoir les influences civilisatrices à la fois de l'Egypte et de l'Orient mésopotamien (des relations importantes avec la Mésopotamie et l'Egypte sont attestées) ; elle dispose de forêts, de pâturages et surtout, de terres cultivables assez étendues pour pouvoir nourrir une population relativement nombreuse. La prééminence appartient alors à la Crète centrale (Knossos, Phaistos), aux terroirs plus riches.

Les villes se développent et de grands palais - labyrinthes sont édifiés au début du IIè millénaire dans les plaines les plus fertiles de l’île où se concentrent richesse et pouvoir : Cnossos, Phaistos, Mallia en sont les principaux. Ces constructions, qui exigent une nombreuse main-d'œuvre, disposent de vastes magasins où, dans de grandes jarres appelées « pithoi », sont stockées les denrées agricoles : blé, vin, huile d'olive…

Une administration complexe se met en place, l’écriture de type hiéroglyphique se développe sur des tablettes d'argile crue qu'on laisse sécher au soleil. Ces tablettes sont des livres de compte qui servent à enregistrer les denrées des magasins des palais (cette écriture n'est pas encore déchiffrée). C’est l’époque de la céramique dite « de Camarès », aux formes raffinées et au riche décor polychrome en rouge, jaune, blanc sur fond sombre.

3.2.3. L’époque « Néopalatiale » : 1700-1450

Des tremblements de terre (ou l’éruption volcanique de Santorin-Théra et son tsunami) ruinent ces constructions vers 1650 av. J.-C. Ils sont reconstruits : à la place des anciens palais, on en érige de nouveaux, monumentaux et avec une splendeur inégalée. Il s’en suit un formidable épanouissement de cette dernière « période minoenne », du XVIIé au début du XIVè s. av. J.-C. (Minoen moyen IIIa, Minoen moyen IIIb, Minoen récent Ia, Minoen récent Ib, Minoen récent II) C'est alors que la puissance maritime et la civilisation de la Crète atteignent leur plus grande force d'expansion. La mythologie grecque en gardera la légende de Minos, roi redoutable et justicier sévère. Les grands centres restent Knossos, Mallia, Phaistos, et à Zakros, un nouveau palais voit le jour… Des villes côtières comme Gournia et Mochlos se développent, des « villas » rurales contrôlent l'exploitation agricole d'un territoire et les échanges commerciaux.

Ces grandes résidences indiquent une hiérarchisation croissante de la société et l'apparition d'une classe d'officiels de rang élevé. Il est possible qu’alors la Crète ait été unifiée en un seul royaume autour du palais de Cnossos… La prédominance de Knossos est certaine, mais on ne sait si ses princes ont réussi à unifier l'île. La marine Crétoise domine la Méditerranée et permet au commerce crétois de se répandre et de s'imposer non seulement dans les pays voisins (Egypte, Syrie, Ougarit), mais aussi dans des lieux assez éloignés, comme la Sicile ou les îles Lipari. Ces importantes relations commerciales se traduisent par une suzeraineté de la thalassocratie crétoise sur le domaine égéen…

Cette puissance et cette prospérité crétoises reposent sur le commerce de transit et de redistribution (dont le commerce de l’étain), mais aussi l'exportation qui devient de plus en plus importante d’une une agriculture qui, à côté d'un élevage prospère et d'une céréaliculture insuffisante, développe les plantations de vigne et d'olivier (export d’huile d'olive, vin, safran) ; celle surtout d’un remarquable artisanat (céramique, tissus teints en pourpre, objets de bronze et orfèvrerie). Cette économie est sous l'étroite dépendance des princes, comme en témoignent les dimensions impressionnantes des resserres et magasins des palais, contrastant avec leur insignifiance ou leur absence dans les maisons privées.

Les Crétois importent de l'or, des lapis-lazulis venus d'Afghanistan par la Mésopotamie, des tissus, des vases en pierre, des oeufs d'autruche d'Egypte et de Libye, des perles d'ambre d'Europe du Nord, des singes pour les jardins royaux et même des esclaves noirs. Toute la métallurgie crétoise (or, argent, plomb, cuivre, étain) provient de la transformation de minerais importés, particulièrement du cuivre de Chypre, la Crète ne disposant pas de ressources propres. De ce fait, le commerce avec les royaumes extérieurs reste primordial. Des textes du palais de Mari mentionnent l'arrivée de Crétois venus jusqu'à Ougarit pour acheter de l'étain.

La société Crétoise apparaît à travers les œuvres monumentales ou plus modestes : un souci de confort et d'hygiène est présent dans les grandes réalisations architecturales. La religion, naturiste, célèbre dans des lieux sacrés (plutôt que dans des temples) la fécondité de la terre, et semble faire une place importante aux jeux sportifs (Tauromachie). L'art prend une place considérable : la fresque se répand partout (palais de Knossos), la céramique est abondante (motifs naturalistes végétaux, puis style marin), arts du relief (rhytons en pierre en forme de têtes animales), figurines en bronze de divinités féminines (déesse aux serpents). En fin une nouvelle forme d’écriture apparaît : le « Linéaire A », qui à ce jour n'est pas déchiffré : on ne connaît donc pas la langue parlée par les Crétois de cette époque.

3.2.4. La période « post-palatiale » : 1450-1380

Vers 1450 la Crète passe sous domination mycénienne, sans doute suite à une invasion violente qui détruit les palais (Minoen récent IIIa, Minoen récent IIIb, Minoen récent IIIc). La Crète perd son rayonnement international et disparaît des annales de l'histoire antique comme puissance indépendante. Les Mycéniens introduisent le cheval et le char de guerre ; les armes de parade sont remplacées par des équipements plus efficaces. Un empire « mycénien » s’organise autour du palais de Knossos reconstruit, où le « Mégaron » mycénien remplace le « Labyrinthe » minoen. La céramique locale cède le pas à la céramique mycénienne et la « koinè », la langue grecque supplante progressivement la langue autochtone.

Les inscriptions sont désormais en Linéaire B, dialecte grec mycénien déchiffré en 1952. L’influence mycénienne est de plus en plus sensible dans la céramique où demeurent cependant des variantes locales. La multiplication des sanctuaires, avec leurs figurines de déesses aux bras levés, témoigne aussi d’un développement des formes locales de la religion. La civilisation minoenne subsiste jusqu'en -1380. Vers 1375 av. J.-C. une nouvelle série de catastrophes, plus terribles que les autres, ravage l’île et particulièrement la côte nord (Knossos, Zakros, Malia...) Alors s'amorce une lente et inéluctable décadence qui s'accélère au Xle s. av. J.-C., alors que les Doriens submergent progressivement l’île.

L’effondrement relativement brusque de la civilisation crétoise reste aujourd’hui encore sujette à de nombreux débats : ainsi il est possible que les réseaux de commerce crétois tissés dans tout le bassin méditerranéen se soient effondrés, et que les villes minoennes aient péri par la famine, car les Minoens étaient dépendants de leur approvisionnement en blé des régions céréalières du littoral de la mer Noire, approvisionnement désormais contrôlé par les Mycéniens… Une autre théorie de l'effondrement minoen est la diffusion à grande échelle des outils de fer, rendant ainsi caduc le commerce de l’étain, monopole des Crétois qui voient s’appauvrir progressivement leurs réseaux commerciaux… D'autres pensent que les capacités navales des Minoens furent terriblement endommagées par l'explosion volcanique de Théra, entraînant la conquête de l’île par les Mycéniens, incapables de gérer un tel empire commercial… La dernière théorie parle de la destruction de l’île par un énorme tsunami consécutif à l’explosion de l’île volcanique de Santorin-Théra… mais la plupart des spécialistes place l’éruption autour de 1650 avant JC… (Cette éruption aurait inspiré la légende de l’Atlantide).

3.2.5. La « Période grecque » : XIè – 67 avant JC

A l'écart du monde grec dont elle fait désormais partie, la Crète conserve un archaïsme qui trouve un bel équilibre ; les structures sociales anciennes se maintiennent dans les multiples cités de l'île (loi de Gortyne, repas en commun, éducation collective des jeunes gens, statut des personnes…).

Les citoyens de plein droit sont groupés en « hétairies », garantes de l'état civil ; à leur côtés vivent les « apetairoi » au statut inférieur : les étrangers, les affranchis, les enfants mâles issus de l'union d'un citoyen et d'une esclave, les anciens hétaires frappés d'indignité. Les serfs sont attachés au « klaros «  (forme dorienne pour « klêros »), et enfin les « esclaves qu'on achète », forment la masse des travailleurs la plus miséreuse : ce sont des prisonniers de guerre ou des victimes des pirates.

Au Vè av. JC puis à l'époque hellénistique, la Crête, où les villes ne cessent de s'opposer les unes aux autres dans de cruelles guerres (guerre de Lyttos), devient un immense marché de mercenaires : les rois s'assurent par des traités d'alliance le recrutement de soldats expérimentés. L'anarchie provoquée sur la mer par la décadence de Rhodes permet aux Crétois d'ajouter à leur activité militaire l'exercice de la piraterie. Ils entrent ainsi en conflit avec les Romains, qui, après de dures campagnes, s'emparent de l'île en 67 av. J.-C. La Crète suit dès lors la trajectoire des autres provinces orientales de l'Empire romain, associée à la Cyrénaïque en un seul ensemble administratif.



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