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Art - Le Quattrocento

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7. Italie : la Quattrocento

Histoire
Culture
Architecture
Sculpture
La peinture
Objets dÂ’art

7.1. Histoire

7.1.1. Politique

Piero del Pollaiuolo (1441-1496) : portrait de Gian Galeazzo Maria Sforza. 1471, tempera sur panneau de bois, 65 x 42 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Piero del Pollaiuolo (1441-1496) : portrait de Gian Galeazzo Maria Sforza. 1471, tempera sur panneau de bois, 65 x 42 cm. Florence, galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

L’Italie du XVè est tributaire des bouleversements politiques qui secouent le pays depuis les XIè et mènent le pays au morcellement et à l’autonomie croissante des villes italiennes du centre nord tant à l'égard de l'Empire au nord, de la papauté au centre et des invasions arabes au sud. La lutte entre l'Empire et l'Église entraîna au XIIIè siècle la division des nobles et des cités dans les deux camps des Guelfes et des Gibelins. La situation se pacifie peu à peu et à l’aube du XIVè, avec la paix progressivement revenue, on assiste au début d'une nouvelle ère de prospérité économique et culturelle, qui durera jusqu'au XVIe siècle et mènera au grand développement intellectuel et artistique de la Renaissance. L'essor économique s'affirme avec les banques.

Carte de l’Italie de la première Renaissance, après le traité de Lodi en 1454, qui marque le début d’un fragile équilibre entre princes, républiques, villes et états pontificaux…. (Histoire de l’art - Quattrocento
Carte de l’Italie de la première Renaissance, après le traité de Lodi en 1454, qui marque le début d’un fragile équilibre entre princes, républiques, villes et états pontificaux…. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonio Pisanello (1395-1455) : portrait de Leonello d’Este. 1441 Tempera sur bois, 28 x 19 cm. Bergame, Accademia Carrara. (Histoire de l’art - Quattrocento
Antonio Pisanello (1395-1455) : portrait de Leonello d’Este. 1441 Tempera sur bois, 28 x 19 cm. Bergame, Accademia Carrara. (Histoire de l’art - Quattrocento

Politiquement, au XVè, la situation est marquée par le développement de la puissance des grandes familles nobles et seigneuriales comme les Visconti et les Sforza à Milan, les Gonzague à Mantoue, les Este à Ferrare, les Médicis à Florence, les Savoie… mais aussi à l’émergence de gouvernements républicains, comme à Venise, Gênes et Florence (cette dernière avant l'avènement des Médicis). Six grands états dominent la péninsule : La républiques de Venise, la république de Florence (Médicis), le duchés de Milan (Sforza), le duché de Ferrare, le duché de Savoie et au sud le royaume de Naples. Moins importantes, de petites principautés exercent cependant une influence artistique certaine, comme Mantoue, Urbain ou Rimini.

En 1442 les Aragon d’Espagne évincent les Anjou d'Italie du Sud et de la Sicile. L'age d'or de Florence débute avec Laurent le Magnifique (1449 - 1492). A partir de 1494 les Français commencent à mener de nombreuses campagnes militaires en Italie, qui ne freineront que peu la magnifique vitalité culturelle et artistique du pays.

7.1.2. Florence

Florence : vue générale. (Histoire de l’art - Quattrocento
Florence : vue générale. (Histoire de l’art - Quattrocento

Simple bourgade jusqu’au XIIè siècle, Florence prend son essor grâce à de riches familles de marchands et d’artisans groupées au sein du « popolo », par opposition aux coteries de la noblesse. Partagée en deux camps par le conflit entre Guelfes et Gibelins, la ville voit le pouvoir échapper aux nobles au profit de la bourgeoisie marchande. La commune se développe et la paix de Constance, octroyée par l'empereur Frédéric I Hohenstaufen en 1183 voit la ville acquérir son autonomie.

Du XIIe au XIVe siècle, Florence connaît de profonds bouleversements politiques et sociaux avec l'essor des popolo, et le conflit entre les Guelfes et Gibelins qui partage l'Italie et Florence en deux. Ces deux processus accompagnent le développement de la commune qui comme dans les autres villes de l'Italie septentrionale, désigne l'émergence de gouvernements autonomes. Les communes italiennes y acquièrent des droits souverains qui en font de véritables cités - États. Fin XIIIè les corporations de marchands l’emportent définitivement et interdisent aux nobles l'accès aux charges et limitent la taille des tours qu'ils avaient érigées.

7.1.3. Les Médicis

7.1.3.1. Origine

Agnolo Bronzino (1503-1572) : Giovanni di Bicci. Galerie des Offices, Florence (Histoire de l’art - Quattrocento
Agnolo Bronzino (1503-1572) : Giovanni di Bicci. Galerie des Offices, Florence (Histoire de l’art - Quattrocento

Au début du XIVe siècle, Florence passe sous un régime de seigneurie personnelle : Charles de Calabre la gouverne en 1323, à qui succède le duc d'Athènes en 1343. Mais au milieu du siècle, la ville connaît une véritable crise, marquée par une insurrection populaire contre le seigneur, duc d'Athènes, la faillite des grands banquiers Peruzzi en 1343, la grande peste en 1348 qui tue la moitié de la population de la ville. Puis ce sont diverses factions qui se disputent le pouvoir jusqu’en 1434, année où les Médicis deviennent maîtres de Florence.

Originaires du Mugello, à 30km au nord de Florence, les Médicis émigrent à Florence au cours du XIIIè pour profiter de l'expansion économique que connaît la République des fleurs. Ils s’y adonnent au change et à la banque. Chiarissimo de Medici est le plus vieil ancêtre connu de la famille. En 1397, Giovanni di Bicci fonde la banque des Médicis, l'une des plus importantes d'Europe à son époque, et diversifie ses activités en créant deux ateliers de laine à Florence, alors l'industrie dominante de la ville. Il devient rapidement le second citoyen le plus riche de la République.

7.1.3.2. Cosme lÂ’Ancien

Jacopo Pontormo (1494-1557) : Cosme de Médicis. Vers 1520. Huile sur bois, 85 x 65cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Jacopo Pontormo (1494-1557) : Cosme de Médicis. Vers 1520. Huile sur bois, 85 x 65cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

Son fils Cosimo il Vecchio (1389-1464) ou Cosme l'Ancien défait en 1434, après son retour d’exil, la puissance du parti des Albizzi et, tout en maintenant les apparences démocratiques des institutions florentines, contrôle totalement la vie politique de Florence. Adepte du clientélisme, il a le soutien des masses populaires et place dans les organes républicains des hommes loyaux et redevables dont aucun n’oserait agir à l'encontre de ses désirs. Grâce à cela, il peut mener la banque familiale à son sommet, devenant un des hommes les plus riches d’Occident, banquier des Papes et des Rois, magnat des produits de luxe et industriel de la laine et de la soie. Ainsi il peut investir des sommes considérables au service de l’art : architecture, sculpture, peinture, collection de pierres précieuses et d'objets d'orfèvrerie, recherche de manuscrits anciens, création de la « bibliothèque laurentienne », première bibliothèque publique d'Europe. Il est à l'origine du trésor des Médicis que chacun de ses successeurs enrichira.

A sa mort en 1464, son fils aîné Piero lui succède. Bien que malade, il parvient à éliminer toute opposition en déjouant un complot, et à s’attirer l’amitié de Louis XI. Malgré des difficultés financières, il réussit à accroître l’emprise de la famille sur la ville. A sa mort en 1469, son fils Laurent, 20 ans, n’a aucun mal à lui succéder.

7.1.3.3. Laurent le Magnifique

Giorgio Vasari (1511-1574) : portrait de Laurent le Magnifique. Huile sur bois, 90 x 72 cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento
Giorgio Vasari (1511-1574) : portrait de Laurent le Magnifique. Huile sur bois, 90 x 72 cm. Florence, Galerie des Offices. (Histoire de l’art - Quattrocento

Sous le gouvernement de Laurent « le Magnifique » (1469-1492) Florence connaît son apogée. La République conserve ses institutions démocratiques mais totalement vidées de leur contenu et de leur sens. C’est Laurent qui gouverne, sans toutefois se comporter en despote. Il fait de la ville, foyer intellectuel et artistique de premier plan, une puissance politique majeure dont le principe premier est basé sur le principe d’équilibre entre les États italiens pour assurer le maintien de la paix et le développement du commerce et des affaires. Il se heurte cependant à l’ambition du pape Sixte IV qui souhaite élargir l'État pontifical, notamment en Toscane. Le pontife est au cœur de la conjuration des banquiers Pazzi en avril 1478, au cours de laquelle son frère Julien est tué et lui-même blessé. Suite à la répression sanglante, Florence se trouve en guerre contre l’état pontifical auquel s’est allié le royaume de Naples. Il lui faut un art consommé de la diplomatie pour éviter le pire et en 1480, il parvient à signer la paix avec le roi de Naples, ce qui fait croître sa popularité et dont il profite pour affermir son pouvoir. Il encourage les arts et les lettres mais, peu enclin aux affaires comme son grand père, il laisse décliner la banque familiale, préférant les arts et la poésie à laquelle il se consacre avec talent. Sa mort prématurée en 1492 marque la fin de la première phase de l'histoire de la famille des Médicis et le la première phase de la Renaissance italienne.

7.1.3.4. La fin des premiers Médicis

Fra Bartolomeo (1473-1517) : Jérôme Savonarole. Vers 1498, 47 x 31 cm. Florence, Musée saint Marc. (Histoire de l’art - Quattrocento
Fra Bartolomeo (1473-1517) : Jérôme Savonarole. Vers 1498, 47 x 31 cm. Florence, Musée saint Marc. (Histoire de l’art - Quattrocento

Fils de Laurent, Pietro rompt avec la tradition familiale et gouverne en despote imbu et méprisant. La descente du roi de France Charles VIII en Italie en1494 cause sa chute : incapable de faire face à le situation, il est chassé de la ville avec sa famille par les Florentins. Jusqu'en 1511 la ville des fleurs recouvre ses institutions démocratiques d'abord sous la « démocratie mystique » du dominicain Savonarole, qui finira sur le bûcher en 1498, puis sous Soderini, élu gonfalonier à vie en 1502. Les dissensions internent ruinent la république, et en 1511 les Médicis se retrouvent au pouvoir. Ils s’y comporteront comme des monarques, considérant la ville comme leur bien personnel.

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