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Le Rhin

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5. L’écosystème rhénan

Faune et flore du Rhin
La pollution

5.2. La pollution

Malheureusement, la domestication du fleuve à son revers : elle a fait disparaître la forêt alluviale naturelle dont il ne reste que des lambeaux (Petite Camargue, île de Rhinau, forêt du Taubergiessen, forêt d’Offendorf, réserve de Munchhausen...) Surtout, le Rhin souffre énormément du mal du siècle : la pollution. Durant des dizaines d’années, le Rhin aura été l’un des cloaques les plus répugnants d’Europe. Des cultures comme le maïs, le tabac, la betterave à sucre et les produits maraîchers (souvent sous serre) consomment beaucoup d’engrais dangereux pour l’environnement, sans parler des pollutions dues à l’élevage laitier et porcin. Enfin, des milliers de citoyens consomment une eau potable issue du Rhin, tandis que s’y déversent les effluents urbains.

Le Rhin pollué
Le Rhin pollué
Un danger permanent pour le Rhin : la pollution
Un danger permanent pour le Rhin : la pollution

Le Rhin n’est devenu le cloaque de l’Europe qu’à partir du milieu du XXe siècle. D’énormes quantités de déchets ont alors convergé impunément vers le fleuve. Cette pollution multiforme provenait des eaux usées des nombreuses villes, de l’industrie qui a connu un grand essor général, des saumures de la potasse extraite en Alsace et déversées dans le fleuve, ainsi que de l’agriculture. Les taux de phosphate notamment, présents dans les produits ménagers (lessives, détergents, etc.) ou les engrais, se sont dangereusement élevés. Résultat : les poissons se sont faits rares, et en 1935, le saumon avait totalement disparu du fleuve. Extraire de l’eau potable du Rhin s’est aussi avéré de plus en plus difficile. Souvent, elle sentait le phénol et avait un goût salé.

5.2.1. La C.I.P.R.

Le 11 juin 1950, naît l’actuelle Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR), à l’issue d’une réunion à Bâle des représentants des Etats riverains (plus le Luxembourg), qui la financent. Les résultats se sont fait attendre. L’état du Rhin a continué de se dégrader pendant plus de 20 ans. Au moins les Etats avaient-ils décidé d’effectuer des relevés réguliers dans ses eaux, ce qui a conduit à la mise sur pied d’un réseau de surveillance de leur qualité sur l’ensemble du fleuve.

Il fallut attendre 1963 pour que soit conclu à Berne le premier traité destiné à concrétiser un programme de lutte contre la pollution. Cette même année, la CIPR a été dotée d’un secrétariat permanent, dont le siège se trouve a Coblence depuis 1964. Depuis lors, ce secrétariat centralise et diffuse de précieuses informations sur l’état du Rhin et sur l’évolution des différents problèmes écologiques rencontrés.

Les mesures appliquées dans ce cadre ont peu à peu porté leurs fruits. Entre 1970 et 1974, la teneur en oxygène de l’eau n’était encore que de deux à quatre milligrammes par litre (mg/l), soit une concentration trop faible pour assurer le développement d’une quelconque vie organique. Mais, entre 1970 et 1990, les pays riverains ont implanté quantité d’installations d’épuration, travaux qui ont coûté au total 38,5 milliards de dollars. Le taux d’oxygène a augmenté régulièrement, jusqu’à ce que le Rhin retrouve une partie de sa biodiversité. Les spécialistes font toutefois remarquer que les stations d’épuration interviennent par définition après que la pollution a eu lieu ; elles limitent les effets sans s’attaquer aux causes. La teneur du fleuve en métaux lourds (mercure, cadmium, zinc, etc.) et en substances nocives (PCB ou polychlorobiphényls, benzène ou atrasine issu des pesticides) est donc restée élevée.

En 1976, les Etats membres de la CIPR ont conclu une convention sur les produits chimiques : certaines substances étaient identifiées comme dangereuses et répertoriées sur une liste « noire », d’autres sur une liste « grise ». Des taux maximum ont été fixés pour le cadmium, le mercure et les substances particulièrement polluantes. Ces mesures ont été prises à un moment où les industriels avaient la possibilité technique de s’équiper d’installations permettant d’éliminer ou d’écarter les substances dangereuses dès le stade de la production. Auparavant, elles ne pouvaient être filtrées qu’à l’issue du processus.

Durant cette même année 1976, les pays riverains ont signé une convention sur les chlorures, destinée à faire passer la teneur du Rhin en sel de 500 à 200 mg/l à la frontière germano-néerlandaise. Ce taux élevé, gênant pour l’eau potable, s’expliquait notamment par les rejets des mines de potasse d’Alsace (fermées depuis 2003) et de Lorraine dans le Rhin ou la Moselle, ainsi que par les déchets des industries chimiques bordant le Main.

5.2.2. L’effet « Tchernobâle »

Les riverains du fleuve ont vécu un véritable traumatisme en novembre 1986, lors de l’incendie de l’usine chimique Sandoz près de Bâle. A Schweizerhalle, des quantités énormes d’insecticides et de pesticides ont été déversées dans le fleuve avec l’eau utilisée par les pompiers pour combattre les flammes. La conscience environnementale a ainsi pris une autre dimension, les populations concernées et leurs représentants exigeant des industriels des mesures plus draconiennes.

« Tchernobâle » a permis à la CIPR de fixer des objectifs plus ambitieux en 1987 dans son Programme Action-Rhin. Engagement a été pris de réduire de moitié, avant 1995, les taux de diverses substances polluantes jugées prioritaires. Bon nombre de spécialistes pensaient que cet objectif ne serait jamais atteint. Pourtant, d’après les relevés de la CIPR, le mercure charrié par le Rhin à Bimmen-Lobith en Allemagne (près de la frontière néerlandaise) est passé de 6 tonnes par an en 1985 à 3,2t en 1992, le cadmium, de 9 à 5,9t, le zinc de 3 600 à 1 900t, l’atrasine de 10 à 3,7t et les PCB de 390 à 90 kilogrammes durant la même période. Des stations d’épurations chimiques spécifiques ont par ailleurs été construites en amont et en aval de Schweizerhalle.

D’après ce programme, le Rhin devait redevenir un espace de vie sain pour les saumons, mais aussi pour les brochets, sandres, truites… Il fallait donc encore améliorer la qualité de l’eau : cet objectif a été atteint avant l’échéance, fixée à l’an 2000. Et depuis 1991, plus d’un million d’alevins ont été versés dans le bassin rhénan.

Tous les problèmes des poissons migrateurs ne sont pas résolus pour autant. En 1996, le premier saumon péché depuis des lustres dans le fleuve a été capturé juste avant le barrage d’Iffezheim. Pour permettre le frai, des passes à poissions ont été installées sur le Rhin aux diverses écluses. On a pêché près de 300 saumons depuis.

L’idée d’un écosystème intégré, qui permette au Rhin mais aussi à ses affluents d’accueillir une faune et une flore diversifiées, a progressé. En 1998, les ministres de la Commission ont défini des objectifs en ce sens, visant la reconstitution d’espaces naturels dans le cadre d’un système écologique global, de l’embouchure du Rhin, jusqu’au Jura et aux Alpes, en passant par le massif schisteux rhénan, les anciennes forêts humides de la plaine, les ruisseaux du Palatinat, de la Forêt Noire ou des Vosges.

En attendant, tous les problèmes de pollution n’ont pas disparu. L’un des plus graves est celui de l’immense bassin situé dans le delta du Rhin aux Pays-Bas, où sont déversées depuis les années 70 les boues draguées du port de Rotterdam, avec leurs substances toxiques. Par ailleurs, plusieurs anciens dépôts toxiques dans les sédiments du fleuve ne s’élimineront que très lentement. Enfin, tout au long du Rhin, la principale source de pollution reste les engrais agricoles qui suintent toujours vers le fleuve avec les eaux de pluie...


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