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Les châteaux d’Alsace

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3. Le château d’Ortenbourg

L’histoire du château
Descriptif du château

Les derniers sursauts du massif de l'Ungersberg forment, vers le Sud, la montagne du Rittersberg dont la crête culmine à 475 m d'altitude. L’Ortenbourg couronne un piton qui dresse sa pointe granitique à 433m d'altitude. Elle forme le pilier de droite de cette grande porte ouverte à l'orient qu'est le Val-de-Villé, jumelé avec la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines.

3.1. L’histoire du château

3.1.1. Le premier château

A l'origine, la Vallée se nomme « Albrechtstal », du nom d'un comte Albert, descendant du duc Etichon. Il est vraisemblablement le premier suzerain du Val. Vers l’an 1000, un premier château est érigé sur le piton rocheux par un certain comte Werner d'Ortenberg, qui par ailleurs fonde avec son épouse Hymeltrude l'abbaye de Honcourt

Son fils, Volmar, dont le nom apparaît fréquemment dans diverses chartes encompagnie de celui de sa femme Heilicha, dote l’abbaye de divers biens à Heidolwisheim et à Nordhouse. En 1061 Volmar abandonne Honcourt aux mains de l'évêque de Strasbourg. Son gendre, Lutold d’Ortenberg lui succède à la tête de la Seigneurie ; il fonde avec son frêre Cunon d’Achalm le monastère de Zwiefalten dans la région d’Ulm. Il meurt en 1098 sans descendance mâle et la seigneurie passe à son gendre, Ulric de Hurmingen, époux de sa fille Junta. Ulric meurt sans héritier et après sa mort en 1162 la seigneurie passe aux comtes Zollern de Hohenberg-Haigerloch qui s'intitulent également de Hurmingen.

Les nouveaux seigneurs de l’Ortenbourg sont de haute naissance, car Bourcard I de Haigerloch est un proche parent des Hohenstaufen. Son fils Bourcard II accompagne l'empereur Frédéric Barberousse en croisade. Bourcard II est cité pour la dernière fois en 1193. Son fils lui succède et s’éteint en 1225.

Le nouveau seigneur d'Ortenbourg, Bourcard III devient un adversaire acharné de Frédéric II de Hohenstaufen, son parent. Il fonde le monastère de Kirchberg. De son mariage avec Mechtilde, fille de Rodolphe de Tubingue, il aura trois filles et un fils. Il meurt frappé par la foudre en juillet 1253. Son fils Albert, dit « le Ménétrier » lui succède. C’est lui qui remet la seigneurie du Val à Rodolphe de Habsbourg, époux de sa soeur Gertrude.

3.1.2. La construction du nouveau château : 1258-1273

La forteresse est réaménagée entre 1262 et 1265 par le comte Rodolphe de Habsbourg. Originaire de la région d'Argovie (Suisse), Rodolphe de Habsbourg est implanté en Alsace (Ottmarsheim) et dans le Brisgau (région de Fribourg, Allemagne). Durant la longue période d'instabilité qui suit la mort de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen en 1250, (le « Grand Interrègne »), et comme il a des visées sur le trône impérial, il entend faire de l’Alsace un point d’appui et entreprend d'édifier une série de forteresses sur ses terres.

Or il trouve à l’Ortenbourg une vieille forteresse délabrée. Il décide non seulement de reconstruire le château de fond en comble, mais d’en faire et une forteresse redoutable et un lieu habitable. Les travaux débutent en1258 et l’Ortenbourg devient un modèle de forteresse où l'on applique un principe défensif nouveau pour l'époque, la chemise haute : donjon et palas sont resserrés dans un mur d'enceinte très haut, possédant trois niveaux de planchers en dessous de la courtine. De plus, on ne néglige en rien le confort et le château est prévu pour recevoir une lignée de dynastes.

Mais Rodolphe doit interrompre ses travaux : la guerre entre l'ambitieux évêque Walter de Géroldseck et la ville de Strasbourg enflamme la province. Allié dans un premier temps à l’évêque, Rodolphe se fait rapidement le champion de l’indépendance des villes d’Alsace (Colmar, Mulhouse, Strasbourg…) et, sous prétexte d'une question d'héritage il rompt avec Walter et devient capitaine et avoué des cités qui luttent pour leur indépendance. Le frère de l'évêque, Hermann, réunit une petite armée et ravage le Val de Villé en janvier 1262, en commençant par Scherwiller. Les cavaliers de Géroldseck pillent, tuent et massacrent, n’épargnant ni vieillards, ni femmes ni enfants… Puis Hermann dévaste le chantier du château.

Aux premiers jours de juillet l’ambition de l’évêque de Strasbourg s’effondre sur le champ de bataille de Hausbergen. Vaincu, Walter signe la paix et s'engage le 9 juillet à ne plus troubler le chantier de construction et à verser 700 marcs d'argent pour les ravages causés à la Vallée. Les travaux peuvent reprendre. L'Ortenburg est achevé en 1265 et est alors le plus beau château fort d'Alsace. Rodolphe vient y séjourner à plusieurs reprises. Il semblerait même que la comtesse Gertrude Anne ait accouché au château d’Albert d’Autriche, fils de Rodolphe.

Le 31 octobre 1273, Rodolphe devient roi des Romains et le château d'Ortenberg est délaissé par la famille royale qui cherche résidence dans des châteaux moins austères et s'installe en Suisse. Il nomme Otton d’Ochsenstein Landvogt des biens de la famille en Alsace. Son fils Albert d'Autriche, Landgrave de Haute-Alsace nommera deux « Burgvögte », les frères Amoltern, à la garde de ses châteaux d’Ortenbourg et de Bildstein.

Quand Rodolphe de Habsbourg meurt en 1291, Albert, prétend à la couronne, mais les princes allemands lui préfèrent Adolphe de Nassau. C’est la guerre. Albert confie la garde de l’Ortenbourg à son plus fidèle partisan en Alsace, l'évêque Conrad de Lichtenberg. Mais Adolphe est élu roi des Romains, contre Albert de Habsbourg, le 5 mai 1292, et couronné le 24 juin. Albert de Habsbourg conteste l’élection, émet des prétentions sur la couronne et provoque une scission au sein de l'empire. La guerre se réveille en Alsace entre partisans des Habsbourg et partisans des Nassau.

3.1.3. Le siège de 1293

Le Landvogt Otton d'Ochsenstein, reniant ses attaches avec les Habsbourg se range du côté d'Adolphe et pour complaire au nouveau maître de l'Empire, décide de réaliser un coup d'éclat en s'emparant de la plus puissante forteresse qu'Albert tenait en Alsace, l’Ortenbourg.

En 1293, la forteresse est investie et coupée du monde. Un long siège commence. La garnison autrichienne tient bon, car le château a de quoi tenir. D'audacieuses sorties infligent aux troupes d'Otton de sévères pertes. Aussi Otton fait construire deux « tours de siège » dirigés contre l’Ortenbourg : l'un, le Ramstein aux approches de la place, l'autre aux pieds du piton, à Scherwiller, pour éviter toute mauvaise surprise venant d’une éventuelle colonne de secours. Le Ramstein est armé d’une redoutable arbalète à cric et à tour qui ébranle les murs du château. Après trois semaines, l’Ortenbourg capitule, le Val est envahi, le château de Bilstein tombe à son tour et toute la seigneurie se trouve aux mains d'Otton qui en fait hommage au roi Adolphe.

Le château est à peine pris que des négociations débutent pour sa restitution. En avril 1293, Jean de Werd et Jean de Lichtenberg négocient avec Otton d'Ochsenstein. La négociation aboutit, mais ni l'évêque, ni Albert ne récupèrent les burgs. Ils reviennent à la garde d’Albert II, comte de Hohenberg. Le 23 mai 1293, Adolphe de Nassau contresigne l'accord à Heiligenbrunnen.

En 1298, volte-face des princes allemands qui destituent Adolphe de Nassau et élisent Albert de Habsbourg. Peu après Adolphe est tué sur le champ de bataille de Göllheim. Albert d'Autriche est finalement couronné empereur à Aix-la-Chapelle et réintègre les domaines de l’Ortenbourg dans ses possessions personnelles ; il fait relever le château. Dix ans plus tard, il est assassiné lors d’une querelle familiale.

Ses fils Frédéric, Léopold et Henri héritent de la succession sur la seigneurie d'Ortenberg. En 1313, à la mort de l’empereur Henri VII de Luxembourg, Frédéric, duc d'Autriche, reprend la lutte pour la conquête du trône impérial. La déchéance des Habsbourg commence. La guerre et le soulèvement des Suisses provoquent la ruine des Habsbourg qui sont obligés d'hypothéquer ou de vendre leurs plus anciens domaines. En automne 1314, Frédéric le Beau, Léopold d'Autriche et Henri, duc de Steiermark, vendent au chevalier Henri de Mullenheim-Landsberg, bourgeois de la ville de Strasbourg, la seigneurie d'Ortenberg pour3 500 marcs, se réservant uniquement le droit de réméré (droit prioritaire de rachat). A la fin de l’année, ils cèdent également le château de Bildstein pour 3 000 marcs d'argent à l'évêque de Strasbourg Jean de Dirpheim.

3.1.4. L’Ortenbourg sous les Mullenheim

Le 15 janvier 1315, le Grand Chapitre ratifie l'achat. Mais peu après, les Habsbourg exigent des Mullenheim la restitution des domaines engagés pour le profit de l'évêque qui promet de leur payer le montant de la vente. Les citoyens de la Ville refusent et le différend traîne jusqu'au 14 février 1324. Henri de Mullenheim se déclare prêt à la cession, mais l'Évêché, à court d'argent ne peut effectuer le rachat. Les Mullenheim restent maîtres de l’Ortenbourg et de la seigneurie pendant près de deux siècles.

Les Mullenheim confient le château à un « Burgvogt », ce dernier s'engageant sous serment le garder avec ses hommes, pour lesquels il touche une solde, et à le défendre en temps de guerre avec le concours des habitants du Val de Villé. En 1374, le château est d’ailleurs attaqué par le duc de Lorraine. Des travaux de restauration et de consolidation sont effectués entre 1420 et 1425.

Mais les temps deviennent difficiles et l’entretien du château coûte fort cher. Aussi, en 1440 le château change de statut et devient le siège d’un « ganerbinat », association très fréquente en Alsace dès le XIVè siècle : c’est un système de co-propriété regroupant des membres s'accordant mutuellement le droit d'ouverture de leurs forteresses qui se trouvent ainsi à la disposition de chacun d'eux, soit pour l'offensive, soit pour la défensive. Ce ganerbinat comprend environ une quarantaine de membres, chevaliers et petits seigneurs souvent pauvres. Parmi eux, Hans von Wiger, grand ami des chevaliers Beger de Geispolsheim qui l'introduisent dans le ganerbinat. Hans von Wiger occupe le château, recrute une bande de coquins et se met à ravager le pays, détroussant les voyageurs et interceptant des convois escortés d'hommes d'armes. Il s’associe un autre chevalier brigand, Henri Mey de Lambsheim, dont la concubine Brida de Balmeserin est la fille d’un médecin de la ville de Bâle. A la mort de son père, Brida exige l’héritage (il n’existe pas), mais le Magistrat de Bâle fait sourde oreille. Aussi le 18 septembre 1461 Henri Mey il attaque près de Marckolsheim un convoi de commerçant bâlois revenant de la foire de Frankfort. Sept otages et le butin sont transportés à l’Ortenbourg.

Le Magistrat de Bâle décrète immédiatement la levée de troupes. Mulhouse, Colmar, Sélestat et Strasbourg se joignent à l’expédition avec l’appui du duc d'Autriche qui donne son accord pour l'attaque du repaire des pillards. L'évêque de Strasbourg, voulant rester maître de la situation, rassemble à la hâte son armée et investit la place. Hans von Wiger prend peur, relâche les otages, rend le butin et fait amende honorable. L'évêque lève le siège. Peine perdue, le brigandage continue. Nouveau conflit en 1464 et nouvelle mise à rançon de bourgeois de Bâle en 1467…

3.1.5. La domination bourguignonne : 1469-1474

Le 21 mars 1469, totalement à court d’argent, le grand-duc Sigismond d'Autriche engage au duc de Bourgogne, le redoutable Charles le Téméraire, les villes « forestières » de Rheinfelden, Säckingen, Laufenburg, Waldshut, les possessions autrichiennes du Sundgau, du Brisgau, du comté de Ferrette et du Landgraviat de Haute Alsace, pour la somme de 80 000 florins or en se réservant le droit de rachat.

Le Téméraire fait une excellente affaire dans son rêve de constitution d’un duché puissant entre France et Saint Empire. L’Ortenbourg lui permet de contrôler une voie de passage essentielle vers la Lorraine, son prochain objectif. Aussi place t-il à la tête de ses possessions rhénane un homme à poigne, le rude chevalier sundgauvien Pierre de Hagenbach. Le premier objectif du bailli est de mettre de l’ordre dans le pays. Il attend donc une bonne occasion pour s’occuper de la forteresse. En été 1470, les brigands Philippe Wetzel et Diebold de Gippich attaquent deux marchands bourguignons qu'ils conduisent à l’Ortenbourg après les avoir dépouillés. Hagenbach exige la mise en liberté immédiate des prisonniers et complète réparation. Heintz de Mullenheim, Henri Beger de Geispolsheim et les autres co-possesseurs s'empressent d'adresser une lettre d'excuse au grand bailli (22 octobre) offrant de rendre toutes les sommes prises aux marchands et de se soumettre au jugement que rendraient les conseillers du grand bailli. De sont côté, le magistrat de Strasbourg intervient auprès du Bailli en faveur de ses ressortissants. Rien ne sert. Le Bailli est décidé à prendre le château, ce qui lui permet en même temps de montrer à cette petite noblesse alsacienne indisciplinée et jalouse de ses libertés qui est le maître.

Étienne de Hagenbach, frère de Pierre rassemble les troupes à Ensisheim. Les États de Haute-Alsace doivent fournir 2 810 hommes de pied et les villes forestières 610 autres. S’y ajoutent 1 200 hommes levés en Bourgogne, 60 artilleurs, maçons, charpentiers. La cavalerie est forte de 449 chevaux et Guillaume de Ribeaupierre fournit ses canons avec 44 boulets de pierre et les servants, alors que l'artillerie bourguignonne envoie plusieurs veuglaires de 4 pieds de long. Cette puissante armée est placée sous les ordres de Jean de Neuchâtel, sire de Montaigu.

Le samedi 17 novembre la troupe franchit Landgraben et marche contre Châtenois, dont elle s’empare sans problème. Le mardi 20, 600 cavaliers pénètrent dans le Val, s’emparent de Villé dont les habitants prêtent le serment au duc de Bourgogne. Le reste de l'armée cerne l’Ortenbourg, défendu par 22 hommes bien pourvus en vivres, munitions et eau. Le lendemain, devant une telle démonstration de force, la place capitule. Aucun coup de canon n'a été tiré.

Satisfait, le Téméraire confie l’Ortenbourg à Hagenbach. Le 23 novembre 1470 Louis Zorn de Bulach reçoit l'investiture de la charge de capitaine sur l’Ortenbourg. Contrôlant désormais le Val de Villé et la vallée de Saint-Amarin, Charles le Téméraire peut envahir la Lorraine à tout moment pour réaliser son rêve. D’Hagenbach fait immédiatement restaurer le château quelque peu délabré, fait hausser la courtine de la basse cour et transformer les archères pour les adapter au tir des arquebuses ; enfin il fait construire une étable qui procurera la viande en cas de long siège ainsi qu’un moulin à bras. La garnison, 10 ou 12 hommes, est habillée aux couleurs de la Bourgogne.

Mais le rêve du Téméraire va s’écrouler : la révolte gronde de tous côtés, surtout en Suisse et en Alsace ou la noblesse et les villes reprennent du poil de la bête, soutenus par l’Empereur et l’argent du roi de France Louis XI. Le 11 avril 1474, le bailli Hagenbach, trahi par ses propres troupes, est fait prisonnier à Brisach. Après un procès expéditif, il est décapité sous les murs de la cité. Aussitôt Strasbourg met son armée sur pied sous le commandement de Philippe de Mullenheim et organise une expédition contre l’Ortenbourg. Le 19 avril, avec l’aide de l’armée épiscopale, Mullenheim prend position sur la croupe dominant le château au nord. Quelques coups de canons, et la forteresse se rend. Le Val de Villé est occupé. Le 5 janvier 1477, Charles le Téméraire est tué devant Nancy. Les prétentions bourguignonnes sur l'Alsace sont définitivement écartées.

3.1.6. Le retour des Mullenheim

La seigneurie est remise solennellement aux Mullenheim, après la signature d’une paix castrale en 1476 entre le Magistrat de Strasbourg et l'évêque Robert comte Palatin, régissant le statut de l’Ortenbourg pour éviter le retour du brigandage. Bourcard de Mullenheim et les co-engagistes contresignent le document, signature renouvelée en 1506 par Armus de Mullenheim.

Le château s’enfonce peu à peu dans une léthargie progressive. Le temps des forteresses est révolu. Le château est épargné par toutes les guerres et conflit du XVIè, et la révolte des Rustauds en 1525 ruine les Mullenheim qui sont obligés de diviser leur seigneurie en deux cantons, le canton est (comprenant le château) revenant à Louis-Georges Zorn de Bulach. Mais rien n’arrête les difficultés financières des propriétaires.

Le 11 novembre 1551, Nicolas de Bollwiller, gouverneur d’Innsbrück, rachète toute la vallée pour la somme de 31 300 florins, la maison d'Autriche se réservant toujours le droit de réméré. Nicolas place un bailli à la tête de la seigneurie, Lux Wisebock et nomme les chevaliers de Rathsamhausen lieutenants pour l’Ortenbourg. A sa mort en 1588 la seigneurie passe à Nicolas de Weylersberg de Bollwiller, puis au comte Jean-Ernest Fugger.

3.1.7. La guerre de Trente ans et ses conséquences

A l’été 1632, le général suédois Gustave Horn conquiert la Haute Alsace, possession des Habsbourg et chasse la régence d'Ensisheim. Par droit de conquête, l’Ortenbourg devient « domaine libre » que le roi de Suède inféode à son général-major, Bernard de Chaffolitzky. Une petite garnison nordique est placée au château. Les Suédois rançonnent, pillent, tuent dans le Val de Villé et la population se soulève, engageant une guérilla sans merci. Les révoltés réussissent à s’emparer de l’Ortenbourg et du Ramstein, d’où ils organisent des embuscades contre les patrouilles suédoises gardant la plaine.

Les représailles sont terribles : le 27 mai 1633, le rhingrave Jean-Philippe, au service de la Suède, rassemble un corps d'armée à Dambach et envahit le Val. Les villages sont brûlés, la population passée au fil de l'épée et la révolte noyée dans le sang. Pour éviter le retour des troubles, le rhingrave ordonne d'abattre toutes les défenses de la seigneurie : l’Ortenbourg, le Ramstein et le Bildstein sont démantelés dans les derniers jours de mai 1633.

3.1.8. Le château ruiné

Le traité de Westphalie de 1648 accorde à Louis XIV les possessions autrichiennes d'Alsace. La seigneurie de Villé est provisoirement rendue aux Fugger. Mais lorsque le comte Christophe-Rodolphe Fugger se range dans le camp impérial lors de la guerre de Hollande (1672-1678), Louis XIV place la seigneurie sous séquestre royal.

En 1681, désormais maître incontesté de l’Alsace, Louis XIV remet le domaine en fief à Conrad Zurlauben et à ses héritiers mâles sous réserve du droit de réméré. La seigneurie est élevée en baronnie en 1686 et en comté en 1692.

En 1710, la ruine et le comté passent au comte de Meuse, Henri, Louis de Choiseul. Cette famille en reste propriétaire jusqu'à la Révolution.

En 1789, le Val se retrouve libre. L’Ortenbourg, devenu propriété privée, est acquis en 1806 par le baron Mathieu de Faviers qui y fait exécuter d'importants travaux de restauration. Les Faviers conservent la ruine jusqu'au XXè siècle, puis sa propriété est transférée à la commune de Scherwiller.

En 1966, la commune de Scherwiller donne la ruine de l’Ortenbourg en bail pour 30 ans à l'« Opération Taupe » dont l’objectif est de restaurer le plus beau monument féodal des Vosges. Devenue depuis « Chantiers d'Archéologie médiévale », l’opération Taupe a pris un important développement sous l'impulsion d'archéologues compétents et enthousiastes et constitue aujourd’hui une référence. D'importants travaux de consolidation ont repris au château depuis 2003.

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