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Les châteaux d’Alsace

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2. Châteaux en Alsace

Typologie des châteaux d’Alsace
Evolution des châteaux d’Alsace
Les châteaux d’Alsace dans l’histoire

2.2. Evolution des châteaux d’Alsace

2.2.1. La « Pfalz »

Avant l’apparition des premières fortifications et du système féodale existe la « Pfalz », résidence fortifiée des rois mérovingiens et des empereurs carolingiens qui la plupart du temps étaient en déplacement ; la Pfalz se compose d'une salle d'apparat pour les réceptions, d'appartements, d'une chapelle, d'écuries, de greniers et de magasins. Les plus connus de ces édifices en Alsace sont le palais mérovingien de Kirchheim-Marlenheim, le palais mérovingien de Brumath, le palais carolingien d’Erstein et la Pfalz de Haguenau qui deviendra plus tard le palais impériale de Frédéric I de Hohenstaufen. De ces « villae royales », il ne reste rien aujourd’hui. La plus connue est celle de Haguenau. D'autres palais alsaciens se trouvent a Kirchheim (époque Mérovingienne ), Brumath (vers 770) ou Erstein ( vers 953 ).

2.2.2. Les premiers châteaux

Le château alsacien fait son apparition au début du X° siècle. Malheureusement, les vestiges de cette époque sont pratiquement inexistants. Seul subsiste le nom du château du Hohenbourg élevé sur le site même du Mont-Sainte-Odile par le duc Etichon, déjà occupé par un castel à l'époque romaine, et plus tard remis en état de défense face aux invasions hongroises. La notion de fortification qui commence à émerger est surtout influencée par le besoin de se défendre sur un site propice. Seule la montagne présente cette caractéristique.

Puis, peu avant l'an mil, apparaissent quelques mentions de châteaux forts scomme le Wasenbourg et le Wangenbourg). L'Alsace est encore gouvernée par un pouvoir central fort (ducs) avant d’être rapidement morcelée en innombrables seigneuries.

2.2.3. Le XIè siècle

Des châteaux construits au XIè siècle ne subsistent que peu de vestiges. Les techniques de construction restent encore fort primitives. En plaine, ce sont les « mottes féodales ». En montagne, en règle générale, ces bâtiments sont édifiés en pierres sèches (sans mortier ni liant) pour les remparts), à l'image des enceintes plus anciennes attribuées aux Celtes. ; les constructions sont en bois et reposent sur des soubassements en pierre. Cinq exemples de telles constructions sont connus : Rimbach-Zell, Guirbaden, Koepfel, Ottrott et Ringelstein.

Les sites préférés par les constructeurs correspondent à des positions facilement défendables (sommet, promontoire rocheux ou bout de crête). Il s'agit de simples refuges construits selon un plan régulier : rectangle ou Ring (enceinte circulaire ou en forme d'ellipse), œuvres de vassaux ou ministériels obéissant à un ordre de leur suzerain. A l'époque, les grands châteaux ne semblent pas exister, à l'exception peut être de celui des Eguisheim.

2.2.4. Le XIIè siècle

Avec le XIIè siècle, de nouvelles forteresses voient le jour avec le développement des grandes familles féodales alsaciennes, suisses, souabes ou saxones  : Eguisheim, Frankenbourg, Hunebourg, Ferrette, Hohenstaufen, Habsbourg…

Les édifices représentent l'évolution logique des enceintes précédentes. La montagne offre ses défenses naturelles qui, ajoutées aux techniques des constructions, présentent des obstacles difficilement franchissables par un ennemi potentiel. Les bâtisseurs renforcent les défenses naturelles et commencent par creuser de profonds et larges fossés pour isoler le terrain à construire. En même temps, ils récupèrent les matériaux de construction qui serviront à la réalisation des forteresses.

Ils choisissent de préférence un sommet plat désigné sous le terme Staufen. Si l'enceinte primitive existe toujours dans le plan, elle dessine maintenant un vaste espace à l'intérieur duquel vont être érigés le logis seigneurial, le donjon et les communs. Le choix du sommet plat est essentiellement réservé aux Vosges moyennes et du sud. Au nord de Saverne, la montagne offre de grandes barres rocheuses qui couronnent les sommets. Ces roches seront creusées et entaillées et formeront bientôt ce qu'on nomme les châteaux troglodytes typiques aux Vosges du Nord.

Le donjon forme la pièce maîtresse du dispositif et domine de sa masse tous les autres édifices. Symbole de la puissance et du rang du seigneur, il trône au centre du Staufen et ne participe pas directement à la défense de la place. Il n'offre que peu d'espace intérieur et n'est donc pas destiné à être habité en permanence. Il sert comme dernier refuge en cas d'attaque du château. (Cette règle n'est toutefois pas générale, les donjons de grands châteaux, comme au Greifenstein, sont parfaitement habitables).

Vers 1150, le donjon est déplacé : du centre de la place, il prend désormais place près de la porte d'accès dont il assure la protection. En même temps, les architectes militaires font pivoter la tour de façon à ce qu'elle présente un angle à 45° à l'assaillant, faisant perdre aux boulets des pierrières leur force destructrice. Les projectiles ne « frappent » plus le donjon de face, mais ripent sur ses faces sans l'ébranler ! Mais parallèlement les engins de siège vont se perfectionner. Cette lutte entre attaque et défense est pleinement illustrée par le XIIIé siècle.

2.2.5. Les forteresses du XIIIè

Dès le début du siècle apparaît une nouvelle forme de château. Les constructeurs édifient des forteresses plus facilement défendables par peu d'hommes. Le château devient plus compact, donc plus adapté à une guerre qui devient un « art » avec des techniques sophistiquées. Le site recherché est le « bout de crête » séparé de la montagne par un grand fossé artificiel. Cette disposition renforce la défense naturelle.

Le donjon devient l'élément essentiel de la défense. Placé en première ligne, directement face à l'angle d'attaque il couvre de sa masse les autres bâtiments d'habitation et en premier lieu le palas. C’est un vaisseau de guerre, étrave dirigée vers la montagne d'où peut venir l'assaut. Cette évolution débute dès 1198 au château de Landsberg (donjon encore carré) pour culminer vers 1265 dans ce chef d’œuvre qu’est l’Ortenbourg et sa tour pentagonale inaugurée par le Bernstein.

Parallèlement apparaît la tour circulaire qui elle aussi offre peu d’impact aux projectiles, comme au Pflixburg et au château de Kaysersberg. Suivent d’autres innovations dont les deux principales sont l’une défensive et l’autre offensive : les « chemises » ou « Murs boucliers » de plus en plus importantes, chargées de protéger les pièces maîtresses d'un château, plus épaisses et plus hautes, et l’apparition massive d'archères à niches disposées au niveau de la cour intérieure. L'exemple le plus original de ce nouveau type de château est l'Ortenbourg.

2.2.6. La fin des châteaux

Au cours du XIV° siècle, avec le développement des villes, les seigneurs vont abandonnent progressivement leurs inconfortables demeures montagnardes. Quelques inconditionnels continuent à faire édifier des châteaux de montagne, une quinzaine vers la fin du XIVè comme Haut Andlau et Spesburg.

Le donjon continue de résumer l'évolution de l'architecture castrale. Il est maintenant intégré dans un mur bouclier et parfois même se substitue à ce mur en devenant lui-même bouclier. Dans quelques cas, il prend également une position flanquante.

Surtout, vers le milieu du XIVè le canon est désormais assez perfectionné pour faire effondrer les murailles les plus épaisses. (Chute du château de Meersebourg sur le lac de Constance en1334). Il faut revoir les plans et adapter les défenses ainsi apparaît tout un système de barbacanes pour armes lourdes, de chambres de tirs, de meurtrières à ressaut…

Pour un temps assez bref, le château semble capable de s'adapter à l'évolution des armes, mais il ne s'agit que d'un feu de paille, le progrès des armes à feu est trop rapide et le château a vécu comme forteresse. Un nouveau type de construction apparaît : la citadelle dont l'architecte strasbourgeois Specklin sera l'un des inventeurs et que Vauban saura améliorer.



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