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Les châteaux d’Alsace

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1. Le château - Généralités

Définition du château
Description du château
La vie Seigneuriale
Attaque et défense

1.2. Description du château

1.2.1. Préambule

Un château fort répond à des critères bien définis par le droit public et féodal. Un document du XIIIè le « Schwabenspiegel », (miroir des Souabes), codifie ainsi les éléments constitutifs du château fort :

  • Un fossé profond au point qu'on ne puisse, depuis le fond, rejeter directement la terre avec une pelle.
  • Un édifice de bois ou de pierres de plus de trois étages dont le mur est couronné par un parapet crénelé ou non.
  • Une cour entourée soit d'un mur assez haut pour qu'un cavalier assis sur son cheval ne puisse en toucher le faîte, soit d'un mur pourvu d'un parapet crénelé ou non.

Au cours des siècles, de nombreux termes sont utilisés pour designer les château dans les chartes : du XIè au XIIIè, les appellations latines prédominent : castrum (équivalent germanique : « Burg »), castellum, domus ou munitio. Les mots germaniques apparaissent dès le début du XIII » siècle avec Burg, Burgelin, Hus et Gezezse. En ce qui concerne le terme « Schloss », il apparaîtra beaucoup plus tardivement, vers la fin du Moyen Age et sera souvent utilisé pour la dénomination d'un château résidentiel qui ne possède plus, ou presque plus, de caractère militaire prononcé.

D’une manière générale, le château se compose de trois parties :

  • le château lui-même, entouré d’une enceinte et comprenant au moins le donjon et le « palas », l’habitation ;
  • la « basse cour » ou lice, espace compris entre la chemise du château et l’enceinte extérieure, qui en général englobe les « communs » ;
  • le ou les fossés extérieurs, premier ouvrage défensif.

1.2.2. Le donjon

Le donjon constitue la tour principale du château, élément défensif essentiel. De son sommet on découvre les alentours et tout ce qui s’y passe, particulièrement l’approche des troupes amies ou ennemies. Le donjon occupe en général l’endroit stratégique du château pour servir de bouclier défensif aux autres bâtiments du château ; il est donc dirigé du « coté de l’attaque ». En cas de prise du burg par l’ennemi, il est le dernier refuge des défenseurs.

Les donjons sont de toute formes : carrés au départ, ils deviennent rectangulaires, polygonaux, ronds, semi ronds et même triangulaires. Très souvent le donjon est dégagé, placé immédiatement derrière la chemise d’enceinte, toujours du côté de l’attaque, et souvent lui-même entouré d’un mur-bouclier assez haute qui le protège. Dans quelques cas il se situe en plein milieu du château. Quelques donjons possèdent côté attaque d’ouvrages défensifs supplémentaires (bretèches, échauguettes…) pour une défense plus efficace contre les traits et les machines de siège.

Le donjon médiéval est la seule construction castrale dont le plan est typique : au rez-de-chaussée se trouvent les « oubliettes » servant en général, non de cachot, mais de réserve de nourriture. Les oubliettes n’ont pas d’accès direct vers l’extérieur et sont rarement éclairées. Au dessus, se trouve le premier étage qui constitue l’entrée du donjon. Cette entrée est généralement placée à plusieurs mètres de haut par rapport au niveau du sol et on y accède par une échelle retirable ou un escalier extérieur en bois aisément destructible.

Se succèdent ensuite entre deux et quatre étages. L’un d’entre eux est équipé d’une cheminée et de latrines en encorbellement. Les étages sont reliés entre eux soit par des échelles, soit par des escaliers en bois, très rarement par des escaliers en pierre. Le sommet du donjon est équipé soit de hourds, soit de mâchicoulis.

Le donjon n’est pas en général l’habitat du seigneur. Il est essentiellement un organe de défense où les murs ont plus d’importance que les salles : le donjon de l’Ortenbourg a des murs épais de 3m alors que les salles ne mesurent que 4 x 4m !

A noter que de nombreux petits châteaux ne possèdent pas de donjons. Certains par contre en possèdent deux (Haut Andlau), voire trois.

1.2.3. L’enceinte

L’enceinte du château constitue le second système défensif du château. La taille de l'enceinte peut varier de 7 à 12 mètres de haut, pour une épaisseur de 1m50 à 2m50. Construite en général sur une escarpe qu’elle intègre ans son système défensif (rebond des pierres), elle est couronnée de créneaux et merlons, comporte un chemin de ronde et est garnie de hourds ou de mâchicoulis (rares en Alsace). Elle est percée d’archères et de meurtrières. Souvent aux angles, elle est renforcée d’échauguettes ou de poivrières.

Depuis le sommet des remparts, on jette principalement des pierres, des tonneaux d'excréments, voire des ruches d'abeilles (Blâmont, Meurthe et Moselle en 1475). L'huile bouillante fait partie du folklore, car elle est à l'époque un produit de luxe. On préfère jeter de l'eau chaude ou de la chaux vive liquide.

1.2.4. Le palas

Nommé faussement « salle des chevaliers » (notion inconnue au Moyen âge), le palas est l’habitation du seigneur. Il se trouve en général près du donjon, qui lui sert de bouclier. Le Palas comporte d’abord un rez-de-chaussée sur cave, où se trouvent les réserves, la cuisine, voire une écurie ; au dessus, le premier étage comporte une grande salle servant à la fois de garde robe, de salle de réception et de salle à manger pour le seigneur, ses invités mais aussi pour la domesticité ; à l’étage au dessus, auquel on accède par des échelles, se trouvent les chambres à coucher, en général basses et petites, et souvent lachapelle.

Les conditions de vie sont très difficiles, surtout en hiver : peu de chauffage, peu d’éclairage, peu de mobilier. Ce n’est que tardivement, vers le XIVè que l’habitat va s’améliorer et que les conditions de vie deviennent plus agréables.

1.2.5. La chapelle castrale

La chapelle est présente dans chaque château, même si elle est petite et souvent réduite à une petite niche où à un oriel… Dans les grands châteaux la chapelle est construite à part des autres bâtiments (Haut Barr), mais en général elle consiste en une salle intégrée dans le palas.

1.2.6. Les puits et citernes

Un des problèmes essentiel de la vie d'un château est celui de l'eau. C'est par la construction de puits ou de citernes que l'on tente de solutionner ce handicap des places fortes élevées sur des rochers où l'eau ne s'infiltre guère. Il existe encore aujourd'hui de rares puits aux châteaux qui fournissent encore de l'eau, comme au Landskron, au Haut-Koenigsbourg et au Bernstein. Leur profondeur est en général fantastique et a dû coûter d’incroyables efforts si l'on songe que dans ces trous ne pouvaient travailler qu'un ou deux ouvriers à la fois. Le seul puits que l'on a mesuré est celui du Haut-Koenigsbourg : il atteint la profondeur de 62,50m ! Parfois la chance sourit aux constructeurs, l'eau d'infiltration parvenant à remplir assez le puits pour ravitailler la place.

A côté des puits les bâtisseurs prévoient la construction de citernes qui recueillent l'eau de pluie ou celle de la fonte des neiges. Des canaux creusés dans le rocher (ce système se remarque surtout dans les Vosges du nord) amènent cette eau si précieuse jusqu'à la citerne. Ces citernes sont très souvent taillées entièrement dans le roc. Pour empêcher l'infiltration de l'eau, on insère entre le dallage de pierres et le roc une couche d'argile. Un exemple typique de citerne maçonnée est celle du Haut Ribeaupierre, complètement encastrée dans une caverne. Ces points d'eau se trouvent à l'intérieur d'une tour ou dans le dernier retranchement (Morimont).

1.2.7. La basse cour

Les communs se trouvent en général dans la « basse cour », enserrées entre la chemise du château et une enceinte extérieure. Ils comprennent en général l’habitation des serviteurs et servantes, étables et écuries, remises et hangars, éventuellement cuisines, boulangerie et forges.

Les cuisines sont dotées de grandes cheminées dans lesquelles on fumait la viande pour la conserver.

Quelques fois, lorsque le château est trop petit, chevaliers et gens d’armes logent aussi dans la basse cour.

Dans la basse cour, le chemin menant au château est conçu comme un « chemin de défilement » : pour défendre l'accès au château, l'architecte oblige l'assaillant à prendre ce chemin qui longe le plus longtemps possible les murailles afin d'être pris sous le tir défensif. C’est le cas à l’Ortenbourg.

1.2.8. Les portes

Les portes sont les endroits les plus fragiles de la forteresse. Indispensables pour les allées et venues, elles sont, au début du moyen âge, en bois et mobiles, de façon à les retirer facilement lors d'une attaque. Lorsque les premiers donjons de pierres font leur apparition, elles sont aménagées en hauteur afin qu'aucun assaillant ne puisse y parvenir. Mais le besoin de faire sortir des troupes par ces portes, oblige les architectes à les rapprocher du sol, et à les fortifier.

Les premières modifications apportent une succession de portes et de herse (grille en fer) afin de retarder l'intrusion des ennemis. On décide ensuite de les protéger en construisant entre deux portes une petite bastide. Généralement, deux tours flanquent la porte principale pour augmenter sa protection. En fonction de tous les aménagements de la forteresse, une multitude de types de portes est fabriquée, allant de la simple porte en bois, au pont-levis, en passant par la porte à bascule.

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